Policiers profiteurs – Un accablant rapport sur le service Rapatriements pas intégralement parvenu au ministre

Un rapport de l’Inspection générale de la police (AIG), datant de 2006 et qui décrit des abus au sein du service Rapatriements de la police aéronautique à Zaventem, n’est pas parvenu par la voie officielle dans sa version intégrale au ministre de l’Intérieur de l’époque. Un passage, que la direction de la police de l’aéroport avait dans le collimateur, a ainsi disparu de la version transmise à Patrick Dewael (Open VLD), selon une information confirmée par différentes sources à l’agence Belga. La rédaction de l’émission “Pano” (VRT) avait fait état fin janvier dudit rapport d’inspection, au lendemain de fuites concernant un audit plus récent du même service. Celui-ci évoquait la situation en 2016. Les deux documents avaient démontré que la situation n’avait que peu changé en dix ans au sein du service de rapatriements.
Sous couvert de l’anonymat, plusieurs sources proches du dossier ont affirmé à l’agence Belga que le rapport avait été adapté dans la version officielle arrivée sur la table du ministre de l’Intérieur de l’époque. Il aurait même été relié et signé avant qu’il ne soit ensuite trituré.
Le mois dernier, le parlementaire Groen Wouter De Vriendt a pu examiner le document et a constaté qu’il n’en restait que 28 pages alors que la version originale, qu’a pu consulter l’agence Belga, en comptait 53. D’après l’écologiste flamand, le rapport contient, en essence, tous les points problématiques relevés à la base. Pourtant, l’un des principaux, un passage très critique pour la direction de la police aéronautique à Zaventem, a apparemment disparu de la version transmise à l’époque à Patrick Dewael.
D’après le rapport originel, il était notamment reproché au commandement de ne pas agir correctement. Il était ainsi tout d’abord question d’un problème de boisson. Des membres du personnel se posaient en outre des questions sur la participation de personnes de la direction du service à certains rapatriements. Il s’agissait, plus concrètement, d’un safari pré-réservé en marge d’une opération de renvoi en 2003 et de l’utilité de la présence lors d’un rapatriement classique d’un commissaire principal et d’un collaborateur de la direction du service, alors que celui-ci était en congé.
L’Inspection générale écrivait par ailleurs dans son rapport avoir elle-même constaté que deux femmes congolaises n’avaient été soumises à aucun contrôle légal lors d’un vol retour d’un rapatriement depuis Kinshasa, alors même que des membres du commandement se trouvaient dans cet avion militaire. Certaines sources avaient parlé d’un potentiel cas de trafic d’êtres humains. Selon d’autres informations parvenues à Belga, il serait plutôt question de laxisme face aux procédures légales.
L’AIG en avait conclu que le service Rapatriements semblait être devenu une unité indépendante où les missions de contrôle et d’exemple ne fonctionnent pas correctement.

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28 mars 2017 - 06h40