facebook gplus home menu play rss search tlbxl_b tv twitter youtube

Photojournalisme: au festival Visa, le long calvaire des femmes réfugiées

Pour les femmes réfugiées, les routes de l’exil constituent une double peine. Avec leurs enfants, elles ont tout laissé derrière elles et risquent leur vie comme les hommes, mais sont en outre exposées aux violences sexuelles, à la prostitution. La photographe française Marie Dorigny les a suivies et présente son travail, tout en sensibilité, au festival international Visa pour l’image de Perpignan (sud de la France). « J’ai voulu montrer la difficulté d’être femme et mère. Il y a les risques de viol, les trafics pour les réseaux de prostitution. Et elles sont souvent enceintes, font des fausses couches ou accouchent prématurément. Comment ensuite allaiter, s’occuper d’un bébé au milieu d’un camp de 1.500 personnes? », s’emporte la photoreporter.

Sa série en noir et blanc, intitulée « Displaced – Femmes en exil », est née d’une commande du Parlement européen pour illustrer la crise actuelle des migrants à travers les difficultés rencontrées par des femmes réfugiées éligibles à l’asile: Syriennes, Irakiennes et Afghanes. Début 2016, plus de la moitié des migrants arrivant en Europe étaient des femmes et des enfants, un record, d’après le Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR), qui alerte régulièrement sur les « graves risques de violence sexuelle » auxquelles ces mères et adolescentes exilées sont confrontées tout au long de la route.

Sur les six premiers mois de l’année, l’organe de contrôle des frontières extérieures de l’Union européenne Frontex estime qu’environ 240.000 personnes sont arrivées illégalement en Europe. Marie Dorigny s’est rendue en décembre 2015 sur l’île grecque de Lesbos, puis à la frontière macédonienne et enfin dans des foyers en Allemagne. « Elles sont hébétées, elles ne savent pas où elles sont. Elles ont bien conscience qu’elles ne sont pas les bienvenues en Europe. On leur dit: +on ne veut pas de vous+ ». Elles sont dans un état de sidération ». Marie Dorigny montre une de ses photos: « Cette femme est enceinte, elle s’est évanouie sur la plage », juste après son arrivée, au terme d’une éprouvante et dangereuse traversée de la mer Egée à bord d’un canot pneumatique. Elle est réconfortée par une jeune volontaire grecque qui la tient dans ses bras.

– ‘On n’est pas à la hauteur’ –
Quand elles arrivent au bout du voyage, les femmes migrantes ont une « santé mentale dégradée », témoigne Françoise Sivignon, présidente de l’ONG Médecins du Monde (MDM) lors d’une table ronde sur les femmes migrantes organisée par le festival, qui se tient jusqu’au 11 septembre. « Elles ont besoin de décrire les violences, les tortures. Et en même temps, c’est très intime, très compliqué ». Sur un cliché de la photoreporter, une vieille femme, le visage très marqué, a enroulé son frêle corps dans une couverture de survie. « Elle n’était jamais sortie de son village de montagne, elle a 83 ans. Vous imaginez votre grand-mère dans cette situation? ».

Sur une autre photo, des femmes derrière le grillage d’un centre d’enregistrement de Lesbos. Les visages sont fermés, les regards inquiets. Elles attendent de savoir si elles seront acceptées sur le sol européen. Inévitablement, ces images poignantes en appellent d’autres, le passé refait surface. « Ma mère est partie en exode devant les Allemands en 1940, j’ai pensé à cela pendant tout le reportage. Ma mère en a été traumatisée toute sa vie », se souvient Marie Dorigny. « Je me demande comment vont être ces femmes et ces enfants », poursuit-elle. Quand l’Europe ferme ses frontières, « on rajoute à la maltraitance, j’ai honte. C’est terrible de voir l’Histoire se répéter et de se dire qu’on n’est pas à la hauteur ».

Abonnez-vous à nos newsletters

Fil d'actu Toutes les dépêches

25 juillet 2017 Décès d'un jeune migrant à Bruxelles: 3 ONG appellent à la création d'un centre d'accueil

Les réseaux d’ONG Ciré et Vluchtelingenwerk Vlaanderen ainsi que Médecins du monde réitèrent mardi leur appel lancé la semaine dernière à la création d’un centre d’accueil et d’orientation à Bruxelles pour tout migrant. Elles r lire plus

Belga

25 juillet 2017 Une commission du Congrès convoque l'ancien chef de campagne de Trump

La commission de la Justice du Sénat américain a assigné mardi à témoigner l’ancien président de l’équipe de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, dans le cadre de son enquête sur les ingérences russes l’an dernier. Paul Manafort est c lire plus

Belga

25 juillet 2017 Céline Dion aurait retrouvé l'amour

Céline Dion a de nouveau trouvé l’amour d’après plusieurs médias canadiens. La chanteuse âgée de 49 ans entretiendrait une relation avec Pepe Muñoz, un danseur de 32 ans qui se produit dans ses spectacles. Les deux tourtereaux auraient ét lire plus

Belga

25 juillet 2017 "King of the Belgians" n'est pas finaliste pour le prix Lux du Parlement européen

« Beats per Minute », « Sami Blood » et « Western » sont les trois finalistes pour le prix Lux du Parlement européen. Le film belge « King of the Belgians » qui faisait partie des dix nominés, n’a finalement pas été retenu pour la finale, a indiqué mardi le présiden lire plus

Belga

25 juillet 2017 Sea Life sauve son premier petit phoque de l'été

L’équipe de sauveteurs du Sea Life de Blankenberge a sauvé, le 21 juillet, un bébé phoque d’à peine quelques jours, annonce le parc mardi. C’est le premier petit de cette espèce à être recueilli au Sea Life cette saison. Le petit animal avait en lire plus

Belga

25 juillet 2017 Pic de mortalité "modéré" lors de la chaude avant-dernière semaine de juin

La Belgique a connu un pic de mortalité « modéré » lors de l’épisode de fortes chaleurs survenu au cours de la semaine du 19 au 25 juin, indique mardi l’Institut scientifique de Santé publique (ISP) dans un communiqué. Au cours de cette période, 2.080 d lire plus

Belga

http://www.vivreici.be/
http://www.hlcoiffure.com/
http://www.celini.be/
http://www.leopeeters.be/
http://www.leopeeters.be/
http://www.cocof.be/
http://www.rtbf.be/vivacite/
http://www.stib-mivb.be/