Pas d'excuses du chef de l'Eurogroupe après ses propos controversés

Le chef de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a refusé mardi de présenter ses excuses devant les eurodéputés pour des propos jugés désobligeants à l’encontre de pays du sud de la zone euro, tenus la veille dans un journal allemand. « Non, certainement pas », a répondu M. Dijsselbloem, également ministre néerlandais des Finances, à un député européen qui lui demandait des excuses, au cours d’une audition devant une commission parlementaire.
Dans un long entretien paru lundi dans le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, M. Dijsselbloem avait déclaré : « Dans la crise de l’euro, les pays du nord de la zone euro se sont montrés solidaires des pays en crise ».
« Pour moi, social-démocrate, je pense que la solidarité est extrêmement importante. Mais celui qui la réclame a aussi des devoirs. Je ne peux pas dépenser tout mon argent pour le schnaps et les femmes et ensuite réclamer leur soutien », avait-il ajouté.
« Ces propos sont regrettables », lui a lancé mardi l’eurodéputé écologiste espagnol Ernest Urtasun. « Peut-être est-ce drôle pour vous, mais moi je ne pense pas que ça le soit ».
« Cette remarque visait à être totalement clair sur ce que la solidarité signifie pour moi », a expliqué le président de l’Eurogroupe, l’institution qui réunit les 19 ministres des Finances des pays ayant adopté la monnaie unique, réitérant ce message à plusieurs reprises.
L’Espagnol Gabriel Mato (PPE, droite) a estimé au cours des débats que M. Dijsselbloem avait perdu sa « neutralité » et sa « crédibilité ».
« Je pense que c’est un commentaire malheureux, autant sur la forme que sur le fond », avait déjà regretté dans la matinée le ministre espagnol de l’Economie Luis de Guindos.
M. Dijsselbloem perdra dans les prochaines mois son poste de ministre des Finances après la déroute historique de son Parti travailliste aux dernières législatives aux Pays-Bas, mais son mandat à la tête de l’Eurogroupe court jusqu’au 1er janvier 2018.
« Je me demande vraiment comment une personne avec de telles convictions peut encore être considérée comme apte à être président de l’Eurogroupe », a pour sa part estimé le chef du groupe Socialistes et Démocrates au Parlement européen, l’Italien Gianni Pitella, jugeant ses propos « honteux », « choquants » et « discriminatoires à l’égard des pays du sud de l’Europe ».
Le ministre des Affaires étrangères du Portugal, le socialiste Augusto Santos Silva, a jugé lors d’un déplacement à Washington « absolument inacceptables » les propos de M. Dijsselbloem, estimant qu’il n’était « pas en condition de rester à la tête de l’Eurogroupe ».

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22 mars 2017 - 00h10