Palais de justice de Bruxelles: l'action du Corps de sécurité "avait été annoncée"

Les agents du Corps de sécurité actifs au Palais de justice de Bruxelles ont réagi lundi soir avec mécontentement au communiqué du parquet général de Bruxelles au sujet de leur refus de poursuivre le travail au cours de l’après-midi, en rétorquant que leur action de protestation avait été clairement annoncée au préalable. Les agents avaient refusé, en début d’après-midi, de procéder au contrôle des personnes entrantes pour la séance de tirage au sort des jurés en vue du procès d’assises de Zalh Zakir et Bilal Haddouche. Ils refusaient en fait d’encourir le risque de devoir faire des heures supplémentaires, affirmant qu’ils ne sont pas payés pour celles-ci. Finalement, la police fédérale a pu prendre le relais quelques heures plus tard, mais l’action a retardé le tirage au sort du jury d’assises et forcé la remise d’une audience du tribunal correctionnel dans un procès terrorisme qui venait de débuter.
“Tout le monde avait été prévenu de l’action”, a précisé le Corps de sécurité lundi soir. “C’est la police fédérale qui est arrivée une heure en retard”.
Selon Anja Bijnens, porte-parole du parquet général, les agents du Corps de sécurité ont refusé de laisser entrer les 75 citoyens arrivés vers 13h15 pour le tirage au sort du jury d’assises, “car on ne pouvait pas leur assurer que la séance serait terminée avant 15h30, au moment où leur journée de travail prend fin”. “Ces citoyens ont dû attendre plus de trois quarts d’heure devant les portes. Puis ils ont été emmenés dans la salle par le personnel du greffe, via un chemin alternatif. Après de longues discussions, les portes ont été ouvertes vers 14h15 après que l’on se soit accordé avec le Corps de sécurité pour que la police fédérale soit là à partir de 15h30. A cette heure précise, le Corps de sécurité est parti, sans attendre la police fédérale, qui est arrivée à 16h15 de telle sorte que le tirage au sort n’a pu se faire qu’après une nouvelle interruption d’une heure”, avait précisé la porte-parole.
Cette version, du parquet général, est toutefois contestée par différentes sources au sein du Corps de sécurité en question, qui précisent que des actions sont menées depuis plusieurs jours en marge des négociations sur le transfert du Corps de sécurité vers la police fédérale.
“Des barèmes salariaux ont été proposés dans ce cadre, qui sont moins avantageux que ceux que l’on a actuellement”, indique-t-on. “Des promesses avaient aussi été faites sur des promotions après la réussite de certains examens. Ces promotions ne pourraient plus être assurées dans le cas d’un transfert vers la police fédérale. L’un dans l’autre, notre personnel serait en fait financièrement pénalisé par un transfert tel qu’il est envisagé pour le moment. C’est la raison pour laquelle il mène des actions depuis plusieurs jours”.
Lundi, une telle action avait été annoncée, le personnel ayant décidé d’arrêter le travail à l’heure exacte où sa journée est censée se terminer, soit 15h36. “Tout le monde était au courant, y compris le parquet général. Un accord prévoyait que la police enverrait des renforts dès 15h00. Et cela avait été confirmé par le cabinet de la Justice. Mais la police n’est arrivée qu’à 16h15. Notre personnel n’a plus envie de supporter plus longtemps des promesses qui ne se réalisent pas”.

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07 février 2017 - 03h00