Nigeria: le président Buhari absent du conseil des ministres pour "se reposer"

Le président nigérian Muhammadu Buhari ne s’est pas rendu au conseil des ministres mercredi, pour la deuxième fois en quelques semaines, pour « se reposer », a annoncé la présidence, alimentant des inquiétudes sur la santé du chef de l’Etat. « Il (M. Buhari) n’était pas là parce qu’il a demandé la permission de se reposer et à son vice-président de présider », a expliqué Lai Mohammed, son porte-parole, à la sortie du conseil des ministres.
« Il travaillera depuis la maison aujourd’hui. Il a demandé à ce que tout ses dossiers soient apportés chez lui », a répondu M. Mohammed aux journalistes présents.
C’est la deuxième fois que le président n’assiste pas à ce rendez-vous hebdomadaire: le 12 avril déjà il avait été absent, ce que son porte-parole avait jugé « tout à fait normal ». La semaine suivante, le conseil n’a pas eu lieu, officiellement pour les congés de Pâques.
Le président de 74 ans est rentré début mars d’un séjour de huit semaines à Londres, où il a suivi des traitements médicaux. Son vice-président Yemi Osinbajo avait alors assuré l’interim pendant son absence, mais les rumeurs sur la santé fragile de M. Buhari n’ont pas tardé à enflammer le Nigeria.
A son retour, il avait déclaré ne pas avoir « le souvenir d’avoir été aussi malade »: « Je ne me souviens pas de la dernière fois où j’ai eu des transfusions de sang », avait-t-il seulement expliqué, sans donner la nature exacte de sa maladie.
Il s’était déclaré « heureux d’être de retour », tout en précisant qu’il pourrait avoir besoin « de suivi médical dans les prochaines semaines ».
Alors que le Nigeria traverse une grave crise économique qui lui a fait perdre son rang de première économie d’Afrique, la question de la santé du chef de l’Etat reste une affaire sensible.
En 2010, le président Umaru Yar’Adua est décédé de problèmes rénaux, longtemps cachés au grand public. Son hospitalisation à l’étranger avait déclenché des mois d’incertitude politique, jusqu’à sa mort qui a finalement porté au pouvoir le deuxième personnage de l’Etat, Goodluck Jonathan.

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26 avril 2017 - 21h25