Marina Foïs en désaxée dans l'inquiétant "Irréprochable"

Dans « Irréprochable », l’actrice Marina Foïs excelle dans le rôle d’une femme inquiétante, prête à tout pour retrouver du travail. Constance (Marina Foïs), sans emploi depuis que son ancien patron l’a mise à la porte, revient dans sa ville natale. Elle espère se faire embaucher dans l’agence immobilière où elle a démarré sa carrière.

Mais une candidate plus jeune et plus flexible (Joséphine Japy) lui est préférée. Elle va alors tout faire pour essayer de retrouver la place à laquelle elle estime avoir droit.

Premier film de Sébastien Marnier, 38 ans, « Irréprochable » dresse le portrait d’une femme borderline, sociopathe poussée à bout par la violence d’une société qui met au ban ses précaires.

« J’ai senti à l’écriture qu’il y avait un portrait de femme complexe, dérangeant, intrigant, avec une narration assez déconstruite et une manière assez particulière, très libre de raconter cette femme dans sa solitude et dans sa grande énergie », a expliqué à l’AFP Marina Foïs.

« C’est un personnage qui provoque l’attraction et la répulsion au même moment, mais qui fascine », ajoute l’actrice de 46 ans, ex-membre de la troupe des Robins des Bois.

Sébastien Marnier, auteur de trois romans, de trois courts métrages et co-auteur de la série d’animation « Salaire net et monde de brutes », diffusée cette année sur Arte, affirme de son côté avoir « toujours été fasciné par les personnages en marge, les désaxés, les dingues ».

« J’aime bien comprendre comment ils fonctionnent, quelle est leur grille de lecture », a-t-il indiqué à l’AFP.

« J’ai eu envie de parler de la précarité et de la dureté de ce monde de compétition, de crise et de chômage de masse à travers les yeux d’un personnage comme celui-ci (…) Parce que mine de rien, ce sont quand même des monstres qui sont engendrés par ce monde là », poursuit le cinéaste, qui avoue avoir été « traumatisé » par ses années de précarité.

Oscillant entre le thriller et le drame psychologique, « Irréprochable » plonge d’emblée le spectateur dans un climat anxiogène, sans hésiter à l’emmener sur de fausses pistes, distillant le suspense jusqu’aux rebondissements ultimes.

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01 juillet 2016 - 16h10