Lucas Belvaux surpris par la "brutalité" des réactions d'extrême droite à son film

Le cinéaste belge Lucas Belvaux s’est dit surpris lundi de la « brutalité » des critiques de l’extrême droite française contre son prochain film « Chez nous », un « film engagé » consacré au « discours populiste » qui sortira dans deux mois sur les écrans français. « Scandaleux et inadmissible », « film de propagande » produit par des « émules de Goebbels, « sacré navet », « film de bobos qui exprime le mépris du peuple français »… La diffusion de la bande-annonce du film a provoqué l’indignation des partisans de Marine Le Pen, la candidate d’extrême droite à la présidentielle de 2017. Concernant la réaction des élus du parti Front National (FN) de Mme Le Pen , « ce qui m’amuse (….), c’est qu’ils me taxent de caricature, alors que mes personnages sont moins caricaturaux qu’eux. La brutalité de leurs discours m’a surpris », a déclaré Lucas Belvaux à l’antenne de RMC/BFMTV.

« Chez nous » raconte le parcours d’une infirmière à domicile vivant dans une ville du Nord de la France, qui est approchée par des cadres d’un parti extrémiste au logo tricolore, le « Bloc patriotique », dirigée par une femme blonde à poigne. Plusieurs ténors du Front National y voient une caricature de leur formation. « Un film ‘anti-FN’ sortira en pleine présidentielle », a tweeté le numéro deux du parti Florian Philippot. Selon lui, il est « scandaleux » et « inadmissible » qu’un film « clairement anti-Front national » sorte le 22 février en France, à deux mois du premier tour de l’élection présidentielle.

« Émules de Goebbels, les productions du système produisent ‘Chez nous’, à nos frais, film de propagande anti-FN: rideau! », a tweeté en écho le député FN Gilbert Collard. « Pauvre Marine Le Pen (….). Un sacré navet en perspective! », a pour sa part réagi un maire FN, Steeve Briois. Le cinéaste belge, lui, assure que son dixième long métrage « n’est pas un film militant ». « C’est un film engagé, un film citoyen, fait pour provoquer la discussion, pas pour provoquer le FN ou la peur du Front national », a-t-il assuré lundi.

« Ce n’est pas tant un film anti-FN qu’un film sur le discours populiste et sur comment les gens s’engagent en politique. Ce sont les électeurs qui m’intéressent, pas les partis politiques », a ajouté le réalisateur belge. « Une parole se libère, disséminant une odeur abjecte qui dérange de moins en moins. C’est une marée qui monte, qui érode les défenses, les digues », dit le dossier de presse de son film.

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02 janvier 2017 - 17h30