L'Espagne soutient son ministre de l'Economie pour présider l'Eurogroupe

Le ministre espagnol de l’Economie ferait un bon chef de l’Eurogroupe, a estimé dimanche le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy, sur fond d’appels à la démission de l’actuel président de l’institution regroupant les ministres des Finances de la zone euro. Le ministre néerlandais des Finances Jeroen Dijsselbloem est au centre d’une controverse depuis qu’il a déclaré dans une interview publiée lundi dans un journal allemand que les pays du Sud de l’Europe dilapidaient leur argent en « schnaps et en femmes ».

Les réactions ont été vives, les chefs des gouvernements portugais et italien appelant à la démission de M. Dijsselbloem, déjà fragilisé par la défaite de son parti travailliste aux élections législatives du 15 mars aux Pays-Bas. Son mandat à la tête de l’Eurogroupe n’expire qu’en janvier 2018. Interrogé par plusieurs journaux, dont El Pais, pour savoir si le chef de l’Eurogroupe pourrait être espagnol, M. Rajoy a apporté son soutien à son ministre de l’Economie Luis de Guindos dans une interview publiée dimanche. « Que puis-je dire? Certainement, le ministre espagnol de l’Economie, si vous me posez la question, est l’une des personnalités les plus importantes et compétentes de l’Eurogroupe », a-t-il déclaré.

M. De Guindos détient son portefeuille dans le gouvernement de centre-droit de M. Rajoy depuis 2012.

Alors que l’Espagne s’est trouvée au coeur de la crise financière de la zone euro, il a dû procéder à une coupe spectaculaire dans les dépenses pour réduire le déficit public et a surveillé la mise en oeuvre d’un plan de sauvetage européen du secteur bancaire.

M. De Guindos avait été le principal rival de M. Dijsselbloem pour le remplacer à la fin de son premier mandat en 2015 mais le Néerlandais avait réussi à sauver son poste. M. Dijsselbloem a exprimé des regrets mercredi mais a écarté toute démission.

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26 mars 2017 - 13h50