Les syndicats enseignants confirment en front commun leur refus du Pacte "en l'état"

Après leur non individuel ces dernières semaines, les différents syndicats des enseignants ont confirmé jeudi, mais en front commun cette fois, leur rejet du Pacte pour un enseignement d’excellence sous sa forme actuelle. Ils se disent néanmoins prêts à reprendre les discussions en échange d’engagements « concrets et substantiels » d’adaptations du texte.

« Les affiliés de nos différentes organisations syndicales ne peuvent adhérer au projet d’avis n°3 (rendu en décembre dernier, ndlr) du groupe central, en l’état », indiquent la CSC, la CGSP, le Setca-SEL, le SLFP et Appel dans un communiqué de presse commun.

Consultés ces dernières semaines, les différents affiliés ont exprimé leurs inquiétudes quant aux conséquences du Pacte en matière d’évolution de l’emploi, sur les conditions de travail, sur leur charge de travail, l’évaluation des personnels, leur bien-être ainsi que celui des élèves.

Tout en réaffirmant leur volonté de voir l’école évoluer et les inégalités scolaires diminuer, les syndicats enseignants rejettent toutefois les « incertitudes » actuelles autour de l’allongement du tronc commun jusqu’à 15 ans, ainsi que le renforcement programmé des directions et des pouvoirs organisateurs de l’enseignement.

Concrètement, les profs redoutent de devoir en faire plus demain, d’être davantage contrôlés, avec une possibilité accrue de sanctions.

La réforme envisagée de l’enseignement qualifiant esquissée dans le Pacte est aussi dénoncée: « Une certification par unités (C.P.U.) qui fonctionne mal, ainsi que des mesures qui ont immanquablement des répercussions sur l’emploi, c’est tout l’inverse d’une revalorisation du qualifiant », dénoncent les syndicats.

Ceux-ci se disent toutefois prêts jeudi à poursuivre les travaux du Pacte, mais à condition de recevoir du gouvernement une série d' »engagements concrets » et « substantiels », à la fois en matière de niveaux d’emploi, sur l’avenir des écoles, sur le tronc commun, la charge de travail des enseignants et leur évaluation, ainsi que l’octroi de « moyens suffisants » par rapport aux objectifs fixés.

A défaut, le front commun syndical promet de « combattre toutes les mesures qui détérioreraient les conditions de travail des personnels ».

Les différentes parties prenantes du Pacte (syndicats, pouvoirs organisateurs, associations de parents) doivent se retrouver le 16 février prochain pour faire le point de la situation.

Interrogée jeudi matin en radio, la ministre de l’Éducation Marie-Martine Schyns s’est toutefois voulue sereine par rapport au refus des syndicats, tout en affichant sa volonté de mener à bien le Pacte, le plus gros chantier de la législature en Fédération Wallonie-Bruxelles.

« Le statu quo n’est absolument pas une option et ça, tout le monde le dit », a-t-elle notamment insisté.

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09 février 2017 - 15h50