Les rémunérations des patrons de Bombardier provoquent un tollé au Canada

Le président du conseil d’administration de la multinationale Bombardier, basée au Québec (Canada), a annoncé au cours du week-end qu’il renonçait à la hausse de rémunération que le groupe lui accordait pour l’année 2016, pour revenir à son niveau de rémunération de 2015. Pierre Beaudoin précise, via un communiqué de l’entreprise transmis dimanche, avoir pris cette décision « après avoir écouté les récents débats publics sur la rémunération des hauts dirigeants de Bombardier », alors que le tollé se poursuivait le même jour, plusieurs centaines de personne s’étant rassemblées devant le siège du groupe à Montréal pour manifester durant l’après-midi.
La raison de la colère des manifestants: la décision de Bombardier d’accorder des hausses de rémunération substantielles à ses six plus hauts dirigeants, alors que l’entreprise procède à des licenciements massifs et bénéficie d’investissements et de prêts d’argent public pour certains modèles d’avions, de la part des autorités canadiennes et québécoises. La plupart des médias canadiens parlent d’un montant global des rémunérations de ces 6 dirigeants en hausse de près de 50% (48%) sur un an, mais le président du Comité des ressources humaines et de la rémunération de Bombardier s’est entre-temps fendu d’une lettre ouverte dans laquelle il défend l’augmentation en affirmant notamment qu’elle est en majeure partie liée à des objectifs de performance, et donc non garantie.
Jean-Marc Fournier, ministre et leader parlementaire du gouvernement québécois, s’est rendu à la manifestation dimanche, mais a rapidement dû quitter les lieux face à la colère des citoyens, indiquent les médias canadiens. Interrogé par La Presse, il a ensuite indiqué que le gouvernement québécois demande aux dirigeants de Bombardier de « réfléchir à revoir leur décision ». A part Pierre Beaudoin, dont la décision de renoncer à la hausse de rémunération était connue dès vendredi, les autres dirigeants concernés n’ont en effet pas, ou pas encore, fait marche arrière.

Partager l'article

03 avril 2017 - 02h15