Les eurodéputés fixent leurs conditions pour approuver un accord de retrait du Royaume-Uni

Une proposition de résolution exposant les conditions pour une approbation par le Parlement européen de tout accord de retrait avec le Royaume-Uni a été approuvée mercredi lors de la conférence des présidents. Le texte soutenu par quatre groupes politiques (PPE, S&D, ADLE et Les Verts) sera débattu et soumis au vote la semaine prochaine lors de la plénière à Strasbourg. La résolution attache notamment une grande importance au traitement équitable des citoyens de l’UE et souligne la nécessité de la réciprocité et de la non-discrimination entre les citoyens britanniques vivant dans l’UE et les citoyens de l’Union vivant au Royaume-Uni.

“Pour nous, la priorité absolue est de régler la question des droits des citoyens dès que possible. Cela doit être le premier sujet auquel nous devons nous attaquer lors des négociations. Les citoyens ne doivent pas devenir un élément de marchandage”, a commenté Guy Verhofstadt, le coordinateur sur le Brexit pour le Parlement européen.

L’ancien Premier ministre belge a également affirmé qu’il n’était pas question de marchander avec les Britanniques des points de politique économique avec des questions de sécurité intérieure et extérieure. “La sécurité est bien trop importante pour la transformer en un jeton de poker lors de négociations”, a-t-il déclaré.

Les eurodéputés rappellent en outre dans le texte que le Royaume-Uni ne peut pas commencer de négociations sur un possible accord commercial avec des pays tiers avant d’avoir quitté l’Union. Ils préviennent que des accords bilatéraux entre Londres et un ou plusieurs autres États membres de l’UE, par exemple concernant des institutions financières basées au Royaume-Uni, constitueraient une violation des traités.

Alors que la cheffe du gouvernement britannique Theresa May a plaidé pour des négociations de sortie “parallèles” à celles sur un “futur partenariat”, le président du Parlement européen Antonio Tajani et Guy Verhofstadt ont exclu cette option. Un accord sur les relations futures ne pourra être conclu que quand le Royaume-Uni aura effectivement quitté l’Union, ont-ils insisté.

Après la conclusion d’un accord sur le retrait, MM. Tajani et Verhofstadt ont toutefois ouvert la porte à l’application d’un accord transitoire, limité à trois ans, sur base d’un plan sur les relations futures de l’UE et du Royaume-Uni.

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29 mars 2017 - 18h45