Le Venezuela nie toute incursion de ses troupes en Colombie

Le ministre vénézuélien de la Défense a démenti samedi que des troupes vénézuéliennes aient effectué une incursion en Colombie voisine cette semaine, comme Bogota l’en a accusé. Le président colombien Juan Manuel Santos avait qualifié jeudi de « totalement inacceptable » une incursion de soldats vénézuéliens qui avaient, selon lui, installé un campement dans le département colombien d’Arauca, près de la frontière, deux jours plus tôt.
Dans la foulée, M. Santos avait annoncé le départ du « dernier soldat vénézuélien » de Colombie, après s’être entretenu avec son homologue vénézuélien Nicolas Maduro.
Mais dans une vidéo diffusée samedi sur une chaîne vénézuélienne, le ministre vénézuélien de la Défense, le général Vladimir Padrino, est revenu sur cet épisode, et a assuré que le détachement n’avait en fait jamais quitté le sol vénézuélien.
« Nous sommes persuadés que le campement se trouvait dans la zone de Los Pajaros qui se situe sur notre territoire », a déclaré le général Padrino, prenant soin de ne pas parler de « retrait » des troupes.
« Nous nous sommes déplacés un peu plus vers l’intérieur de notre territoire pour faciliter le dialogue politique », a-t-il ajouté.
Car, d’après la ministre vénézuélienne des Affaires étrangères Delcy Rodriguez, l’incident est né de la difficulté de marquer avec netteté la frontière entre les deux pays dans cette zone.
Le cours du fleuve Arauca, qui la délimite, change en effet « constamment » au gré de ses crues, selon Mme Rodriguez.
La Colombie et le Venezuela partagent une frontière poreuse de 2.200 kilomètres. En 2015 et 2016, la tension était montée après la décision du président Maduro de fermer cette frontière pour lutter contre la contrebande et le trafic de drogue.

Partager l'article

25 mars 2017 - 19h25