Le sexe en maison de repos: c'est possible, selon Armonea

Le sexe en maison de repos, c’est possible, estime Armonea à l’occasion de la Saint-Valentin. “Il ressort des recherches scientifiques qu’il est sain d’avoir et d’entretenir des relations et contacts sexuels. Non seulement pour le corps, mais également pour l’esprit. Et cela ne change pas quand vous devenez plus vieux. Il est important de laisser une place légitime à la sexualité et à l’intimité”, souligne mardi le prestataire indépendant de soins aux personnes âgées en Belgique. Sur les 83 établissements du groupe, 388 couples âgés d’en moyenne 84 ans fêteront la Saint-Valentin, dont 290 qui sont ensemble depuis plus de 50 ans et 18 nouveaux couples qui se sont formés au sein de leur maison de repos, notamment deux relations lesbiennes.
Des histoires récoltées au sein des résidences, il ressort qu’un tabou existe sur l’intimité et la sexualité en maison de repos. Armonea a dès lors pour objectif, dans le cadre de son projet “L’amour n’a pas d’âge”, de sensibiliser et former ses collaborateurs à ce sujet, ainsi que les familles des résidents. “Cela signifie que nous devons porter plus attention encore à offrir une intimité suffisante à ceux qui en ont le besoin ou encore que les couples qui ont dormi l’un contre l’autre toute leur vie et qui veulent continuer à le faire, puissent le faire également dans nos maisons de repos”, explique l’experte Pascale Myncke.
“Il y a souvent un manque d’intimité pour les résidents de maisons de repos, qui appliquent une politique où les portes doivent toujours rester ouvertes. Dans une telle atmosphère, les personnes âgées n’ont pas le droit à une vie privée. Ces résidents sont souvent affirmés, ce sont des ex-soixante-huitard qui sont maintenant en home et qui entrent en conflit avec la direction et les prestataires de soins qui véhiculent d’autres idées”, souligne pour sa part Steven De Weirdt, psychologue auprès de l’asbl Aditi, qui collabore avec Armonea. Aditi fournit des conseils, des informations et du soutien en ce qui concerne la sexualité des personnes en situation de handicap.
La problématique de l’intimité en maison de repos n’est pas neuve, soutient enfin le professeur Luc Van De Ven, psychologue en gériatrie de l’UZ Leuven. L’élément crucial reste la formation du personnel, confirme-t-il.

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14 février 2017 - 04h50