Le requin d'"Instinct de survie": une caricature selon scientifiques et ONG

Plus de 40 ans après « Les dents de la mer », le requin est le héros terrifiant du thriller « Instinct de survie », au grand dam de scientifiques et d’ONG qui dénoncent une vision caricaturale de cet animal moins meurtrier que les accidents de selfies. Ce film signé Jaume Collet-Serra, en salles depuis le 3 août, relate l’attaque d’une jeune surfeuse (Blake Lively) par un grand requin blanc.

« Hollywood, très certainement à la recherche d’un succès d’audience et financier, ressort une recette éculée: montrer le grand requin blanc comme un affreux chasseur de chair humaine », déplore Robert Calcagno, directeur général de l’Institut océanographique de Monaco.

Il y a 41 ans, quand est sorti le film de Steven Spielberg, « notre connaissance de la biologie des requins et des équilibres dans les océans était moins élaborée », rappelle-t-il. Aujourd’hui, « c’est vraiment caricaturer sciemment, en toute connaissance de cause, une espèce animale ».

L’année 2015 a certes connu un nombre record d’attaques (98) mais elles n’ont fait que six morts, selon l’Isaf (International Shark Attack File), une banque de données basée à l’Université de Floride. Le précédent record était de 88 attaques, en 2000.

En moyenne, les attaques de requins, toujours très médiatisées, font une dizaine de morts par an.

A titre de comparaison, les crocodiles tuent chaque année un millier de personnes et les serpents 50.000, rappelle l’Institut océanographique.

« Il y a eu plus de morts en 2014 à cause des selfies qu’à cause des requins: 14 contre 12 », ironise Denis Ody, responsable du pôle Océans au WWF.

Seules cinq espèces de requins sur 500 sont dangereuses pour l’homme, dont le grand requin blanc, le requin-tigre et le requin-bouledogue, à l’origine de la plupart des accidents.

En fait, « le requin a plus peur de l’homme que le contraire, il n’a aucun intérêt à l’attaquer, ce n’est pas une proie », souligne M. Ody.

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18 août 2016 - 11h15