Le "mystère" Henri Barande s'expose à Londres

Le très secret artiste français Henri Barande ne signe pas ses tableaux, ne les date pas et ne les vend pas. Parfois, il les expose, comme en ce moment à la Saatchi Gallery de Londres. Mais sans lever tous ses mystères. On ne connaîtra pas sa date de naissance, il refuse toute photo de lui ou caméra, repousse le dictaphone avec une extrême mais ferme courtoisie: même si, depuis quelques années maintenant, son vrai nom est identifié, contrairement à ceux de l’artiste Banksy ou de l’écrivain Elena Ferrante, Henri Barande tient à cultiver le secret. “Mon intention a toujours été de rester inconnu, à l’écart”, explique le sculpteur-peintre, blouson en cuir noir et lunettes fumées, dans un entretien à l’AFP devant ses tableaux accrochés à la prestigieuse Saatchi Gallery.

Pendant un demi-siècle, l’artiste français, né à Casablanca et résident suisse, a oeuvré dans une confidentialité absolue. Créant des dizaines de milliers de sculptures, qu’il a détruites ou enterrées pour la plupart. Avant de se lancer dans la peinture pour une série de tableaux qui mesurent tous la même hauteur (2,15 m) mais dont la largueur varie en fonction des thèmes et des matériaux utilisés. “Lorsque je l’ai rencontré il y a 17 ans, il avait déjà réalisé plus de 40.000 sculptures mais il était totalement inconnu”, se félicite le critique David Galloway qui dit avoir eu le “grand honneur” de découvrir en avant-première la “caverne d’Ali Baba” d’Henri Barande, nichée “dans une zone industrielle de Lausanne”.

Malgré des propositions du monde entier, seulement trois expositions vont suivre, à Zurich, puis à Genève en 2008 qu’Henri Barande signe pour la première fois de son vrai nom. “Je l’ai vécu comme une contrainte”, affirme-t-il. Et à Paris en 2011. Depuis on sait qu’il fait partie des 200 plus grandes fortunes françaises après avoir vendu sa société de travail temporaire. Et qu’il a grandi en Tunisie, “dans une maison située juste à côté” des ruines de l’ancienne cité punique de Carthage, dont l’empreinte traverse tout son art. L’oeuvre d’Henri Barande est aussi pléthorique que diverse.

A la Saatchi Gallery, on croise ses oeuvres inspirées par Gustave Klimt, par des peintures rupestres. On voit aussi des représentations de crânes, dont un vert fluorescent sur fond clair, ou encore un portrait du basketteur Michael Jordan. Après la Saatchi Gallery, première et dernière exposition Henri Barande au Royaume-Uni (du 4 au 31 octobre), il faudra donc attendre de nouveaux “quatre ou cinq ans” pour le revoir dans un autre pays, toujours aussi mystérieux. “Cela ne sert à rien d’essayer de comprendre le mystère. Le mystère, il doit rester secret”.

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04 octobre 2016 - 07h55