Le débat sur la gouvernance au parlement wallon traduit une méfiance persistante

Le parlement wallon a débattu jeudi en fin de journée dans une relative sérénité sur les propositions annoncées à la mi-journée par le gouvernement pour révolutionner la gouvernance et l’éthique en Wallonie. La démission du ministre Paul Furlan n’a pas apaisé la méfiance de l’opposition qui maintient sa demande d’une commission d’enquête Publifin. Le chef de groupe du MR, Pierre-Yves Jeholet, a salué le nouveau ministre Pierre-Yves Dermagne (PS), même s’il a déploré que le gouvernement n’ait pas choisi de supprimer un poste ministériel en son sein.

S’il reconnaît la responsabilité collective des principaux partis politiques dans le scandale Publifin et la nécessité de réformer, dans l’intérêt général, il s’est montré circonspect sur la véritable volonté du gouvernement de changer les choses. « On nous a déjà dit, lors de l’affaire de La Carolo, ou de la démission (du ministre) Didier Donfut, ‘tout va changer' », alors comment croire que des réformes que le MR propose « depuis des années » se concrétiseront, a-t-il demandé.

Il a toutefois assuré que sa formation était prête à en discuter. « Mais ne prenez pas la minorité pour un alibi, nous devons être associés à une vraie concertation », a-t-il lancé à l’adresse du ministre-président Paul Magnette. Face au flou persistant sur de trop nombreuses questions entourant le scandale Publifin, il a maintenu la demande d’une commission d’enquête, que l’opposition soutient dans son entièreté.

Pour Ecolo, Stéphane Hazée a convenu que ce scandale devait être une opportunité d’avancer, mais non pas de passer à autre chose. Il demande une mise à plat la nébuleuse Publifin, ainsi que le remboursement de sommes perçues de manière non éthique. Trop de questions restent encore sans réponse pour « mettre le couvercle », a-t-il ajouté, tout en confirmant la volonté de son parti d’avancer.

Les partis devraient débattre dans les commissions des toutes les propositions qu’ils formulent, voire au sein d’une commission mixte Affaires générales (« commission Magnette ») et Pouvoirs locaux (« commission Dermagne »). Paul Magnette veut avancer rapidement sur la rationalisation des structures, en associant l’opposition à un groupe d’experts, mais demande pour le reste de ne pas agir dans la précipitation, sans toutefois traîner.

Le chef de groupe cdH, Dimitri Fourny, a proposé la création d’un institut d’audit extérieur à l’administration pour, avec des réviseurs, la Cour des comptes, l’administration, « screener » l’ensemble des pouvoirs publics et éviter que « des mailles s’ouvrent à nouveau dans les filets, où s’engouffrent certains poissons. » Pierre-Yves Jeholet a mis en garde contre la création de nouvelles structures là où certaines, comme la Cour des comptes, existent déjà.

PS et cdH ont tenté de conclure le débat sur une note positive, en déposant une motion de soutien au gouvernement reprenant les grandes lignes des propositions que ce dernier avait avancées dans la journée. Malgré l’aspect consensuel de ces grandes lignes, et signe de la méfiance persistante, l’opposition a refusé de faire comme si l’unanimité était retrouvée. Elle a voté contre la motion, tandis que la majorité l’approuvait.

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26 janvier 2017 - 20h15