L'artiste bruxellois Jean-Luc Moerman s'expose dans le nouveau shopping Docks Bruxsel

L’artiste bruxellois Jean-Luc Moerman a présenté mercredi en fin d’après-midi son travail au shopping district Docks Bruxsel, qui ouvrira ses portes au public le 20 octobre prochain en bordure de Canal, quai des Usines, à Bruxelles. Ses peintures aux airs organiques ont tatoué en noir et blanc quatre piliers centraux. Une installation faite de découpes de ses dessins sur un film dichroïque irisé ornera la cage d’ascenseur. « Les centres commerciaux sont les nouvelles cathédrales », estime Jean-Luc Moerman. « Les colonnes font ici 25 mètres de haut ! Les centres commerciaux sont des lieux où tout le monde vient, contrairement aux galeries peu fréquentées et tournées vers un public assez formaté. Ici, mes oeuvres sont destinées à rester, alors que dans les galeries le temps est limité pour des exigences de rentabilité ».
Jean-Luc Moerman, qui aime à transformer entièrement l’espace dans lequel il expose, confie que cela devient difficile aujourd’hui. Il souhaite se tourner plus largement à l’avenir vers des lieux publics et envisage de s’ouvrir à la sculpture: « J’ai en projet de créer des oeuvres dans lesquelles les gens peuvent entrer, qui peuvent être visitées. J’aimerais les mettre dans la ville. »
L’histoire du lieu a aussi séduit l’artiste. Docks Bruxsel a été construit sur le site de l’ancienne entreprise coopérative des poêleries de Jean-Baptiste Godin, qui, sensible à l’utopisme de Charles Fourier, a associé ses employés dans l’entreprise. Plusieurs bâtiments en partie conservés sont visibles depuis le shopping, parmi lesquels le Familistère, lieu de résidence des employés.
Le développeur immobilier Equilis a été rejoint à moindre part par TPF. Ce projet de 214 millions d’euros s’étend sur 120.000 m2, dont 61.000 m2 dédiés aux espaces commerciaux (44.000 m2), aux loisirs (10.000 m2) et aux bureaux (7.000 m2). La directrice commerciale de Docks Bruxsel Pascale Govers défend que ce shopping district se distingue des grands projets commerciaux du nord de Bruxelles que sont Neo et Uplace de par sa mixité et la taille plus humaine de sa structure.
Sur les quelque 110 espaces commerciaux, 15 à 20 seront exploités par des restaurants. Les marques vendues sont familiales au rez-de-chaussée et d’un standing un cran supérieur à l’étage, avec entre autres Kiabi, Zara, Seven 7, IKKS, Guess, ou Terre bleue. Une salle de 1.500 places accueillera divers événements. Le projet est complété avec un espace de loisirs développé par Decathlon, qui propose une traversée de 4 mondes, dont un à 12 mètres du sol avec 27 parcours d’accrobranche. Belga Films a également installé un cinéma de 8 salles.
Ce lieu épuré bénéficie d’une certification environnementale, notamment pour ses installations énergétiques. Seuls les magasins seront chauffés en hiver, avec une température dans la galerie supérieure de 10 à 15°C par rapport à l’extérieur. En été, la verrière, qui surplombe cette « rue protégée des intempéries » selon les mots de Pascale Govers, peut s’ouvrir jusqu’à 50% pour faire office de ventilation.
Il est prévu d’ouvrir le lieu à d’autres artistes. La designer Lucile Soufflet a d’ores et déjà posé sa marque en créant des bancs en acier à l’extérieur.

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06 octobre 2016 - 07h20