L'ancien manager de U2 se reconvertit dans l'audiovisuel en imaginant la série "Riviera"

Des yachts, des Lamborghinis, du blanchiment d’argent et beaucoup d’émotions… la vie des riches sur la Côte d’Azur est la base de la série « Riviera », résume son producteur Paul McGuinness, ancien manager de U2, venu présenter au Marché international des programmes de télévision (MipTV) cette série entièrement tournée dans le sud de la France. « Quand j’étais avec U2, on avait tous des maisons dans le sud de la France. C’était notre base quand on partait en tournée européenne. Quand ça s’est arrêté, j’ai cherché une idée qui me permette de passer du temps dans le sud de la France », raconte cet Irlandais qui a managé le célèbre groupe pendant 35 ans et qui est à l’origine de « Riviera ».
« J’ai cherché des histoires qui pouvaient se passer dans la région, d’abord pour faire un film, puis l’idée d’une série s’est peu à peu imposée », poursuit-il.
Son inspiration ? « Un mélange de fait-divers, de +on-dit+, et le fait que la Côte-d’Azur soit une destination pour les riches du monde entier, ce qui permettait d’écrire une histoire avec différentes nationalités : des Russes, des Américains, des Anglais, des Français… »
« Quand on lit le journal ici, il y a toujours beaucoup de scandales. Et il y a aussi cette curiosité pour ce que font les riches, Neil (Jordan, co-créateur) a l’habitude de dire que derrière chaque grande fortune se cache un grand crime, ça nous a servi de guide », explique-t-il.
« Riviera », il l’a écrite avec son « ami de Dublin », le cinéaste Neil Jordan, qui a notamment créé la série The Borgias.
Projetée en avant-première mondiale lundi soir, cette série en 10 épisodes est un thriller rythmé autour de la disparition de Constantine Clios, riche homme d’affaires installé sur la Côte.
L’Américaine Julia Stiles (« Jason Bourne », « Dexter ») interprète Georgina, amatrice d’art et seconde épouse de Constantine (interprété par Anthony LaPaglia, de « FBI portés disparus »), qui va enquêter sur sa disparition, sur fond de tensions avec la famille recomposée.

Le britannique Sky Atlantic la diffusera au Royaume-Uni, en Italie, Allemagne, Autriche et Irlande dans le courant de cette année.
Pour la France, Altice Studios, qui possède la plateforme de vidéos à la demande SFR Play, a acquis les droits.
« On a commencé le tournage en juillet, une semaine après l’attentat de Nice. C’était délicat car on tournait dans la rue, avec des explosions, des tirs… », raconte-t-il, précisant qu’il a fallu plusieurs semaines de préparation.
« Nous avons eu une extraordinaire coopération avec la police à Nice, Cannes, Antibes, Monaco… « , salue-t-il, soulignant le rôle de « facilitateur » de Christian Estrosi, à l’époque maire de Nice et actuel président de la région PACA.
Les scènes localisées à Londres ou New-York ont également été tournées dans le sud de la France, ajoute Paul McGuinness, amateur de séries françaises comme « Engrenages », « Braquo » ou « Les hommes de l’ombre ».
Dans le premier épisode, il y a aussi plusieurs scènes d’extérieur en décor naturel, avec des plans aériens sur des criques.
« La logistique et l’organisation étaient extrêmement complexes mais nous avons tout fait dans les temps et en respectant le budget », se félicite Paul McGuinness dont c’était la première fiction.
La série aura coûté 30 millions de livres : « après le Brexit, le taux de change ne nous a pas été favorable car la plupart de nos dépenses étaient en France », indique-t-il.
« Il y a un très bon dispositif public pour les tournages en France (un crédit d’impôt, ndlr), nous avons pu l’utiliser et c’était très important. Cela fait de la France un pays attractif pour les grosses productions », estime-t-il.
Toujours manager de musique, notamment de la chanteuse PJ Harvey, il possède également un studio de tournage en Irlande.

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04 avril 2017 - 11h35