"La Servante écarlate", la série qui passionne l'Amérique de l'ère Trump

Les Etats-Unis qui basculent dans la dictature ultra-conservatrice, menée par une caste qui use de l’esclavage sexuel pour se perpétuer: la nouvelle série américaine “La servante écarlate” a séduit une Amérique profondément marquée par l’ère Trump et arrive en France. Inspirée du livre du même nom (“The Handmaid’s Tale” en anglais), sorti en 1985, cette série télévisée produite par la plateforme américaine de vidéo en ligne Hulu a été diffusée en France pour la première fois mardi sur la chaîne OCS Max.

Elle raconte comment un coup d’Etat permet à un groupe fondamentaliste puritain de renverser les institutions américaines et d’instaurer la république de Gilead, une dictature militaire qui place au pouvoir une caste. Toutes les femmes qui n’appartiennent pas à ce groupe sont déchues de la plupart de leurs droits, de leur emploi et de leurs biens.

Certaines, dont l’héroïne Offred (interprétée par Elisabeth Moss), sont réquisitionnées pour remédier au problème de fertilité de beaucoup de femmes de la caste.

Elles sont affectées chacune à un homme du groupe qui, lors d’une cérémonie quotidienne en présence de son épouse, a des relations sexuelles avec elles pour les féconder et perpétuer ainsi la race élue.

Ambiance malsaine, lumière crue, très travaillée, rythme très lent, la série apporte un ton nouveau au sein d’un paysage télévisuel américain déjà surchargé de plus de 400 séries en cours.

Elle a aussi eu une résonance particulière avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, qui inquiète beaucoup de défenseurs des droits des femmes. D’autant que la série est censée se passer à une époque qui pourrait être la nôtre.

Interrogée régulièrement sur le fait de savoir si son roman était une prédiction, l’auteure de “La servante écarlate”, Margaret Atwood, a écrit, dans un éditorial publié par le New York Times début mars, qu’elle le voyait plutôt comme une “anti-prédiction: si ce futur peut être décrit en détail, peut-être qu’il n’arrivera pas”.

Margaret Atwood a elle-même cité l’histoire de l’esclavage, celle de la polygamie aux Etats-Unis, le troisième Reich, la dictature argentine, tandis que d’autres ont élargi au groupe djihadiste Etat Islamique.

“Cela semble plus actuel en ce moment parce qu’il se passe chaque jour chez nous des choses qui nous préoccupent”, souligne Reed Morano.

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28 juin 2017 - 07h50