La saison 2017-2018 du Théâtre National sera celle des constructeurs d'histoires

Fabrice Murgia, le nouveau directeur du Théâtre National Wallonie-Bruxelles, a présenté jeudi la programmation de la saison 2017-2018, qui compte une trentaine de spectacles. Les maîtres mots de cette saison seront « Constructeurs d’histoires ». « On vit dans un monde où la narration a une place importante », commente Fabrice Murgia. « Il faut préserver notre patrimoine de constructeurs d’histoires. Aujourd’hui, il y a une approche transdisciplinaire. Sur un même plateau, on peut parler plusieurs langues: on parle théâtre, danse, cirque ou musique live. Il est important d’être dans des dramaturgies complètes, dans des spectacles qui ne s’écrivent pas à deux mais à 10 ou 15 mains ».
Les classiques auront toujours une place privilégiée par respect pour les 2.600 ans de patrimoine historique qui constituent une source d’inspiration inépuisable, mais les nouveaux langages du théâtre seront encouragés. Le studio constituera ainsi un laboratoire de création, une espèce d’incubateur de compagnies, visant à valoriser le travail en équipe là où la scénographie, la chorégraphie ou la vidéo ont une importance dramaturgique à part entière.
Cette saison, 6 créations y seront accompagnées en résidence, à savoir celles de Michèle-Anne De Mey et Jaco Van Dormael (Amor), Justine Lequette (J’abandonne une partie de moi que j’adapte), Anne-Cécile Van Dalem (Arctique), Jan-Christoph Gockel (Frankenstein), Armel Roussel (L’Eveil du Printemps) et Milo Rau (Histoire du théâtre). Fabrice Murgia défend ici la volonté de faire travailler des artistes internationaux avec ceux de la Belgique francophone.
Le lien entre le KVS et le Théâtre National, hérité respectivement des directions de Jan Goossens en Jean-Louis Colinet, sera gardé vivant. Des artistes flamands comme Raven Ruëll, Guy Cassiers, Viviane De Muynck et Jan Lauwers sont ainsi à l’affiche de cette saison.
Le lien avec le public sera renforcé à travers une communication ouverte sur le making-off et la fabrication des spectacles qui laissera appréhender la précarité des artistes et la perte des métiers qui tarderont à renaître. Une saison libre redonnera pleinement au théâtre son rôle d’agora citoyenne au travers d’expositions, de séances de cinéma, de concerts et de grandes conférences proposés à des prix démocratiques.
Fabrice Murgia affirme vouloir préserver l’âme du théâtre, portée par un engagement politique et versée à mettre en lumière les savoir-faire. « Il n’y a pas de grands bouleversements, notamment en termes de programmation artistique. Il y a une filiation claire. D’ailleurs, comme artiste, je suis né dans ce théâtre. L’idée est de partager cet endroit, non de le coller à mon esthétique, ni à mon identité artistique. »
Les grands succès de la saison passée que sont Black clouds, Laïka et Blockbuster seront à nouveau programmés.

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27 avril 2017 - 17h15