La diplomatie turque défend son rapprochement avec la Russie

Le ministre turc des Affaires étrangères a défendu jeudi à Madrid le rapprochement d’Ankara avec Moscou, une manière d' »équilibrer » sa politique étrangère face aux atermoiements de l’Union européenne. « Nous devons équilibrer notre politique extérieure entre nos voisins à l’est, au nord et à l’ouest », a affirmé Mevlut Cavusoglu lors d’une conférence organisée par le groupe de réflexion Real Instituto Elcano à Madrid.
« Nous n’avons pas d’alternative », a-t-il justifié, son pays, membre-clé de l’Otan, étant frontalier à la fois de l’Union européenne, de la Syrie et de l’Iran.
Auparavant le ministre a longuement critiqué l’Union européenne, les négociations de la Turquie dans la perspective d’une adhésion, entamées en 2005, étant au point mort, et les relations UE-Turquie de plus en plus froides.
« Soyez honnêtes avec nous: si vous ne voulez pas de nous, dites-le », a lancé en conclusion M. Cavusoglu à l’Union européenne.
La Turquie a menacé de suspendre l’accord controversé visant à endiguer le flux de réfugiés provenant de Syrie vers l’Europe, conclu en mars 2016 avec l’UE.
« Nous en avons vraiment assez du deux poids deux mesures », a déclaré Mevlut Cavusoglu, évoquant par exemple la Croatie, dont l’adhésion a été plus rapide.
Depuis l’été 2016, les relations entre la Turquie et la Russie se sont parallèlement réchauffées, une embellie matérialisée par un accord en octobre pour un gazoduc en mer Noire. Cette nouvelle donne n’a pas été remise en question par l’assassinat de l’ambassadeur russe à Ankara en décembre.
Longtemps opposées sur le dossier syrien, notamment sur le sort du président syrien Bachar al-Assad, la Turquie et la Russie ont en outre récemment décidé de coordonner leur actions contre l’EI dans ce pays.
Mevlut Cavusoglu a également justifié le rapprochement avec la Russie par la situation de son pays, la comparant à celle de l’Ukraine, proche géographiquement des deux et tiraillée entre l’Europe et la Russie. « Des pays comme la Turquie et l’Ukraine (…) n’ont pas à choisir », a-t-il assuré.

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09 février 2017 - 22h05