La Belgique parmi les pays les moins transparents sur ses opérations anti-Daech

Après la Jordanie et les Pays-Bas, la campagne militaire belge en Irak et en Syrie est la moins transparente parmi tous les pays de coalition internationale dirigée par les Etats-Unis contre le groupe djihadiste Etat islamique, a affirmé lundi l’ONG Airwars, qui compare la manière de communiquer sur cette guerre aérienne par les différents pays. « En raison du manque d’information publique sur les opérations belges, il est actuellement impossible de vérifier si la force aérienne belge est responsable de la mort de civils dans ces deux pays », a indiqué le collectif de recherche Airwars dans un rapport présenté lundi à Bruxelles.

La recherche d’Airwars a examiné les méthodes utilisées par la coalition anti-EI (alias Daech, selon son acronyme arabe) pour évaluer les soi-disants « dommages collatéraux » commis par les avions engagés contre les djihadistes en Irak et en Syrie.
Selon Airwars, « tous les membres de la coalition connaissent des lacunes systématiques en ce qui concerne l’évaluation des possibles victimes civiles ».

L’ONG qualifie le processus d’évaluation d' »opaque » pour les treize membres de la coalition, qui n’utilisent pas de règles ou de procédures communes. A l’exception des Etats-Unis, aucun pays n’a admis avoir tué des civils au cours de trois dernières années.

Le rapport évoque aussi spécifiquement la transparence et la responsabilité individuelle de chaque membre de la coalition, qui a permis de déceler de grandes différences.

« La Belgique est presque au bas du tableau de la transparence, la Jordanie et les Pays-Bas font pire. Arabie Saoudite et la Turquie, par exemple, fournissent plus d’informations que la Belgique sur l’action militaire en Syrie et en Irak », a souligné Airwars.

Interrogé par l’agence Belga, le ministère de la Défense a dit « prendre acte » du rapport d’Airwars.

« Nous sommes transparents là où il le faut: au sein de la commission de suivi (de la Chambre) sur les opérations à l’étranger. En tant que ministre de la Défense, j’y fournis au moins une fois par mois des explications sur nos opérations », a indiqué le responsable du département, Steven Vandeput, cité par sa porte-parole.

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13 février 2017 - 19h15