Kechiche privé de festival de Cannes pour un problème de contrat

Le réalisateur franco-tunisien Abdellatif Kechiche, Palme d’Or en 2013 pour «La vie d’Adèle», ne pourra pas présenter le double film auquel il travaille lors du prochain festival de Cannes. Son projet est bloqué par un problème de contrat avec France Télévisions. «Nous pleurerons le 28 mai quand le festival sera terminé. Mais nous aurons un espoir: Cannes 2018», confie-t-il dans une interview à Nice-Matin. Le cinéaste travaille à une adaptation d’un roman de François Bégaudeau, «La blessure, la vraie».

Il a fait évoluer son projet vers «quelque chose de beaucoup plus romanesque», «une sorte de saga familiale (…) de conte philosophique (…), ce qui a donné à l’arrivée deux films indépendants l’un de l’autre», intitulés «Les dés sont jetés» et «Pray for Jack». «L’un traite d’une quête de la lumière et l’autre de sa perte. Et un troisième volet n’est pas exclu», dit-il.

«J’avais signé avec plusieurs partenaires financiers (…) Je m’étais engagé pour un film. A l’arrivée, il y en a deux. Cela sort du cadre normal ce qui a posé un problème avec les contrats. Surtout à France Télévisions», dit-il en avouant comprendre la position de France Télévisions «dans la mesure où c’est de l’argent public».

«D’où la nécessité de régler les choses devant le tribunal de grande instance de Paris. Je le dis sans animosité. Il s’agit d’un cas de jurisprudence, je ne vois tout simplement pas d’autre solution que de s’adresser à la justice. (…) Malheureusement, cela rend impossible toute projection pour le moment», conclut M. Kechiche.

Toujours en mal de financement, le réalisateur travaille aussi à deux autres films dont il va entamer le tournage en juin puis en août, entre l’Italie, le Portugal et la Tunisie: un road movie intitulé «L’Agneau de Dieu» et «Soeur Marguerite» inspiré de la vie d’une poète condamnée au bûcher au XIVe siècle.

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05 avril 2017 - 14h15