JO 2016 – Premier en action à Rio, Robin Ramaekers relance la grande tradition des archers belges

Les faits remontent à trop loin pour que l’on s’en souvienne. Le tir à l’arc est le sport qui a rapporté le plus de médailles d’or à la Belgique aux Jeux Olympiques: onze. Henri Van Innis en a récolté à lui seul six, sans compter les trois en argent. C’était à Paris en 1900 et Anvers vingt ans plus tard. Depuis, les archers belges sont rentrés dans le rang dans une discipline où Sud-Coréens et Américains dominent. Voilà seize ans et Nico Hendrickx, que la Belgique n’avait plus eu de représentant aux Jeux. Robin Ramaekers a mis fin à cette attente. Dès avant la cérémonie d’ouverture, le vendredi 5 août à partir de 9h00, 14h00 belges, il effectuera son tour de qualification dans un lieu symbolique de Rio: le sambadrome qui accueille chaque année les défilés du carnaval. Champion du monde juniors en 2013, il sait qu’il ne figure pas parmi les favoris. Sa 33e place au Mondial l’an dernier et sa 141e place mondiale l’expliquent. « Mais tout le monde peut gagner l’or dans ce sport. Si on va aux Jeux en se disant qu’on va terminer dernier, mieux vaut rester à la maison », estime l’ingénieur industriel récemment diplômé.
Son coach Francis Notenboom, 53e aux JO de Séoul en 1988, ne dit pas autre chose. « Le tir à l’arc est un sport où au départ tout le monde peut battre les meilleurs. Avec un peu de chance. C’est la formule de compétition que veut cela, avec des matchs à un contre un. Les meilleurs peuvent gagner mais il peut y avoir des surprises. En marathon, si on court en 2h15, on ne gagnera jamais. L’an dernier aux Jeux Européens de Bakou, Robin a été battu, en 1/16e de finale de très peu par l’Espagnol Alvarino Garcia, qui a remporté la médaille d’or. Son résultat (29-28-28) lui aurait permis d’éliminer tous les autres concurrents. »
« C’est le désavantage du système », reconnaît Ramaekers. « L’avantage est que si on rate une flèche, on perd le set mais on en a d’autres pour se reprendre. »
La première journée de compétition sera consacrée aux qualifications dont le classement sera établi au terme des 72 flèches tirées. Un tableau sera alors établi et se disputera, après les épreuves par équipes, durant trois jours jusqu’en finale. Il opposera le 1er du 64e, le 2e au 63e, etc. Les rencontres se déroulent au meilleur des cinq sets. Chacun se joue en trois flèches, chaque set rapporte 2 points. En cas d’égalité, chaque athlète marque un point.
« Cela peut aller très vite et être terminé à dix minutes », précise encore Notenboom. Les archers ne disposent que de 40 secondes pour décocher chaque trait. « Les trois premiers du ranking auront un petit avantage car ils rencontreront en principe les trois « wild cards » qui sont d’un niveau inférieur, précise Notenboom.
D’un naturel très calme, Robin Ramaekers ne craint pas le stress de l’événement. « Je ne suis pas vite impressionné. Par ailleurs, je suis toujours meilleur quand il y a un petit stress, je tire souvent mieux en compétition qu’à l’entraînement. Le plus important est d’avoir de bonnes sensations et ensuite de rester concentré sur son propre score, tirer le mieux possible sans se soucier de l’autre. »
« On annonçait beaucoup de bruit sur le ‘field’, en raison de l’autoroute et des bruits de klaxon, tout proche mais nous n’avons pas été gênés. Il y a eu aussi un jour du vent à l’entraînement. Je me sens de mieux en mieux chaque jour. Je ne suis nerveux d’être le premier en lice à Rio, d’autant que ce ne sont que des qualifications. »

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04 août 2016 - 01h40