JO 2016 – Jérôme Guéry: "Grand Cru a pris confiance en moi"

On pourrait croire qu’un cavalier de saut d’obstacles doit avant tout avoir confiance dans sa monture pour réaliser une performance. Jérôme Guéry estime que cette confiance doit être réciproque. « Si Grand Cru (son hongre alezan de 10 ans) est à ce niveau, c’est qu’il a pris confiance en moi. » La paire sera dimanche l’une de deux qui défendra les couleurs belges aux Jeux Olympiques de Rio. L’objectif commun est de rejoindre la finale le vendredi 19 août. Comme beaucoup de cavalier, Jérôme Guéry parle de ses chevaux comme un cycliste ou un hockeyeur d’un équipier. C’est ce qui rend l’équitation, le seul sport des Jeux où hommes et femmes s’affrontent directement sur un pied d’égalité, tellement particulier.
« Je suis très motivé et impatient. Mon cheval est en grande forme. J’ai effectué les derniers réglages ici à Rio avec mon entraîneur personnel Henk Noren. Maintenant il faut espérer. »
Le choix se posait pour le Nivellois de choisir entre deux montures, Papillon et Grand Cru. « Les critères pour les JO on peut les réaliser sur une épreuve, les Jeux se déroulent sur 4 jours. Grand Cru a beaucoup de sang, il tient sur la longueur. On pense, moi et Dirk Demeersman (le capitaine belge) que Grand Cru correspond mieux à ce type de compétition. »
Le cheval n’a plus réalisé de grande performance depuis le mois de mai quand il a gagné le GP 5 étoiles de La Baule. « On s’était mis d’accord que le cheval ne fasse plus trop d’efforts. C’est un cheval qui donne énormément. Il n’a pas encore énormément d’expérience donc si on lui demandait de le refaire trop souvent on risquait de l’user et d’arriver avec un cheval fatigué. On a choisi d’arriver avec un cheval frais pour une compétition plus difficile que les autres. »
Jérôme Guéry va découvrir à 30 ans les JO. « D’après ce que l’on m’a dit, le dernier jour en finale, si on a la chance d’être présent, on saute des parcours très techniques et très hauts, très éprouvants pour les chevaux. Je suis très excité. J’aime quand c’est haut et difficile. »
« Il faut avoir un cheval qui a les capacités et ce jour-là, il faut qu’il soit au-dessus de lui-même, comme tous les athlètes. On se prépare pour être en forme pour l’événement et le jour J il faut donner plus que d’habitude. On espère que ce sera le cas. »
« On a tous été surpris par la progression du cheval. Il y a deux ans, il sautait 1m20 et aujourd’hui il va aux Jeux (où il lui faudra sauter 1m60). Il a fait une ascension fulgurante. L’an dernier je n’aurais jamais penser aller à Rio avec Grand Cru. »
« S’il est à ce niveau, c’est qu’il a pris confiance en moi. Il est assez stressé. Il avait besoin de trouver un cavalier qui le rassure, qui lui donne confiance en lui. On est vraiment proche. Il y a quelque chose qui se passe. Quand je suis là, je le sens rassuré. Quand on est sur la piste ensemble, il donne énormément, ce qu’il ne faisait pas du tout au début. C’est un peu comme les gens, la confiance, cela se mérite. Il faut du temps pour l’installer. Je l’ai depuis presque deux ans. Après un an, il y a eu déclic et une ascension incroyable. »
« Mon ambition ? D’abord se qualifier pour la finale. Là tout est possible. »

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12 août 2016 - 02h00