Italie: des graffiti endommagent une oeuvre éphémère de William Kentridge à Rome

Une frise géante éphémère consacrée à l’histoire de Rome et réalisée par William Kentridge sur les hauts murs longeant une rive du Tibre a été recouverte de graffiti, au grand dam de l’artiste sud-africain. L’oeuvre, qui s’étend sur un demi-kilomètre de long et dix mètres de haut, censée durer cinq ans, avait été inaugurée il y a un an dans le quartier touristique de Trastevere, non loin de la basilique Saint-Pierre.

L’artiste avait pulvérisé de l’eau à forte pression sur des pochoirs, faisant ainsi apparaître sur le mur “nettoyé” des personnages sortis de l’antiquité romaine, de la Renaissance ou de l’époque de la Dolce Vita.

Dans un entretien paru vendredi dans le quotidien La Repubblica, le Sud-Africain a affiché son incompréhension devant les graffiti qui n’ont cessé de s’étendre sans aucune intervention des autorités romaines. “Certains artistes de graffiti font un superbe travail. Je suis moins intéressé par ceux qui laissent simplement leurs initiales en bas d’un mur”, commente-t-il.

“Je sais que mon travail est cher à nombre de personnes à Rome… Et par respect pour eux, j’espère que les autorités de la ville vont nettoyer les graffiti”, ajoute-t-il.

Un message médiatique visiblement entendu, puisque la municipalité a dépêché vendredi une équipe pour commencer à effacer les graffiti, en qualifiant les auteurs de “stupides”.

Intitulée “Triomphes et lamentations”, l’installation qui sera peu à peu effacée par la pollution, la pluie et les crues du fleuve, dépeint Benito Mussolini, Marcello Mastroianni, Pier Paolo Pasolini, Anita Ekberg ou encore Cicéron, écrivain et philosophe romain.

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31 mars 2017 - 17h55