Israël en finit avec la colonie emblématique d'Amona en Cisjordanie

Des centaines de policiers israéliens ont extrait de force jeudi des colons retranchés dans la synagogue de la colonie d’Amona en Cisjordanie occupée, épilogue d’un psychodrame qui a poussé le gouvernement à promettre la création d’une nouvelle implantation, la première depuis 25 ans. Les policiers se sont démenés pendant des heures pour forcer les accès du lieu de prière et achever la vaste opération lancée la veille pour faire partir les 200 à 300 habitants de cette colonie vouée à la démolition sur ordre de la Cour suprême.

Retransmise par les chaînes israéliennes, l’évacuation théâtrale a constitué le point d’orgue d’une bataille de plusieurs années aux lourds enjeux humains, politiques et diplomatiques.

Il a fallu longtemps aux policiers pour venir à bout des plaques de métal et des madriers placés derrière portes et fenêtres, en se protégeant derrière des boucliers contre les crachats, les substances caustiques et les projectiles lancés par les interstices.

A l’intérieur, des dizaines de jeunes hommes regroupés autour de deux rabbins faisaient barrage de leurs corps. Les policiers ont fini par attaquer les parois et les ouvertures du préfabriqué à la scie circulaire. Enfin dans la place, ils ont extirpé les irréductibles un à un par les bras et les pieds.

Beaucoup étaient des adolescents venus des colonies environnantes avec la conviction inébranlable que ces terres de Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, sont israéliennes selon la Bible, quoi qu’en disent les juges, les Palestiniens ou la communauté internationale.

“Nous partons le coeur brisé”, a dit l’un des rabbins, Yair Frank, “nous avons agi pour la terre d’Israël et le peuple d’Israël”.

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02 février 2017 - 18h05