"Impossible de dire si les agressions contre les policiers sont en baisse ou en hausse"

Plusieurs syndicats de police s’interrogent sur les chiffres communiqués mercredi par le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon, selon lesquels les faits enregistrés de coups et blessures volontaires envers des policiers sont en baisse depuis plusieurs années. “Toutes les données sont tellement éparpillées entre les différentes zones de police qu’il n’est pas possible d’établir une tendance, qu’elle soit à la baisse ou à la hausse”, a réagi Vincent Houssin, du SLPF Police. “Les chiffres fournis par M. Jambon ne sont pas complets. Toutes les données sont tellement éparpillées entre les différentes zones locales ainsi qu’au sein de la police fédérale qu’il est impossible de dire si les agressions contre les policiers sont à la hausse ou à la baisse”, a affirmé M. Houssin.

“Il se pourrait qu’une baisse ait été constatée, espérons-le, et si c’est le cas, ce n’est certainement pas dû aux mesures prises par les autorités. Celles-ci nous promettent depuis 4 ans un outil d’enregistrement pour les agressions, mais il n’existe toujours pas”, a-t-il poursuivi.

Selon Carlo Medo, du syndicat national du personnel de police et de sécurité (SNPS), ces chiffres ne reflètent effectivement pas tout. “Les faits enregistrés se concentrent sur les cas de violence physique, mais nous rencontrons également de la violence mentale et il est difficile de la répertorier”, a-t-il expliqué. “C’est pourquoi nous demandons depuis des années un système à l’aide duquel les agents, aussi bien de la police locale que fédérale, pourraient tout signaler. Mais ça n’arrive pas alors que nous en parlons déjà depuis 2012”, a ajouté M. Medo.

Les deux syndicalistes soulignent l’importance de poursuivre les auteurs de violences envers les policiers.

Une discussion a d’ailleurs eu lieu à ce sujet il y a quelques semaines avec plusieurs procureurs-généraux. “Les victimes sont souvent laissées pour compte et les auteurs de violence, eux, restent impunis en bénéficiant soit d’un sursis, soit d’une libération sous conditions. Il faudrait pourtant veiller à ce que les agresseurs soient punis pour qu’ils réalisent que c’est la tolérance zéro qui prévaut”, a dit M. Houssin. “Il faut montrer de façon claire que les agents de police ne sont pas des punching balls”, a embrayé M. Medo.

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04 janvier 2017 - 17h10