Etats-Unis: large soutien à la suspension du décret Trump

Un groupe de personnalités du parti démocrate aux Etats-Unis, dont les ex-secrétaires d’Etat John Kerry et Madeleine Albright, a demandé lundi à une cour d’appel fédérale de poursuivre le blocage du décret migratoire du président Donald Trump. Plusieurs dizaines d’entreprises de high-tech, dont Facebook et Google, ont également déposé une requête en justice contre le décret. Les deux Etats qui ont porté plainte contre le décret limitant l’immigration de pays considérés à risques par le président américain estiment que le président Trump a déchaîné le chaos en le signant. Ce décret “mal conçu, mal mis en oeuvre et mal expliqué” porte atteinte à la sécurité nationale, font-ils valoir dans un mémoire adressé à une cour d’appel fédérale de San Francisco.

Signé le 27 janvier et suspendu depuis vendredi par la justice américaine en attendant l’examen d’une plainte des Etats de Washington et du Minnesota, ce décret interdit l’entrée du territoire américain aux ressortissants de sept pays majoritairement musulmans (Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie, Yémen).

Un appel de l’administration Trump contre la suspension du décret a été rejeté dimanche par la cour d’appel fédérale de San Francisco, à laquelle de nombreux mémoires et documents étaient envoyés tôt lundi.

Le groupe de personnalités démocrates signataires du mémoire comprend également plusieurs responsables de l’administration de l’ancien président Barack Obama comme l’ex-conseillère à la sécurité nationale Susan Rice, l’ex-chef de la CIA Leon Panetta ou l’ex-secrétaire à la Sécurité intérieure Janet Napolitano. “Nous considérons ce décret comme susceptible en fin de compte de nuire à la sécurité nationale des Etats-Unis plutôt que d’améliorer notre sécurité”, estiment-ils. “Le fait de remettre en vigueur ce décret ferait des ravages dans des vies innocentes ainsi que dans les principales valeurs américaines”. Le mémoire estime notamment que ce décret pourrait mettre en danger les soldats américains sur le terrain et désorganiser la coopération antiterroriste, tout en nourrissant la propagande du groupe djihadiste Etat islamique (EI) qui affirme que les Etats-Unis sont en guerre avec l’islam.

M. Trump a pour sa part critiqué la décision de la justice, tweetant dimanche: “N’arrive pas à croire qu’un juge mette notre pays en pareil péril. Si quelque chose arrive, tenez-le pour responsable ainsi que le système judiciaire. Les gens affluent. Mauvais”.

Les avocats des Etats de Washington et du Minnesota ont soutenu dans leur mémoire que l’interdiction devrait causer “des dommages extraordinaires et irréparables” aux citoyens et à leurs entreprises. “Le 27 janvier, le président Trump a déchaîné le chaos en signant le décret”, ont indiqué les avocats des deux Etats. Le rétablissement de l’interdiction “séparerait des familles entières, mettrait en difficulté nos étudiants et nos facultés universitaires.”

Par ailleurs, plusieurs dizaines d’entreprises de high-tech, dont Facebook, Google, Microsoft et Twitter ont déposé une requête en justice contre le décret de Donald Trump.

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06 février 2017 - 13h25