Etat islamique – Ryad redoute des "massacres" par les milices chiites à Mossoul

Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir a dit redouter lundi que des milices chiites commettent des « massacres » à Mossoul, dans la bataille lancée par Bagdad pour reprendre ce fief du groupe jihadiste Etat islamique (EI) dans le nord de l’Irak. « Nous nous opposons à toute implication des milices chiites. Elles ont commis des atrocités de masse quand elles sont entrées dans Falloujah, qui se sont notamment conclues par 400 personnes enterrées dans une fosse commune », a déclaré à Londres le ministre saoudien, cité par le quotidien The Guardian et la chaîne saoudienne Al-Arabiya.
Une fosse commune à Falloujah avait été découverte le 5 juin avec « environ 400 corps de militaires et quelques civils », selon un colonel de la police de la province d’Al-Anbar.
« Si elles (les milices chiites) entrent dans Mossoul, ville nettement plus grande que Falloujah, je m’attends à une réaction très hostile. Et si elles commettent des massacres, cela sera une aubaine pour les extrémistes et pour les recruteurs de Daech », l’acronyme arabe de l’EI, a ajouté ministre saoudien.
Exhortant le gouvernement irakien à ne pas recourir à ces milices paramilitaires chiites, le ministre a souligné qu’elles étaient « dirigées par les Gardiens de la révolution iranienne » et que leurs potentielles exactions « alimenteraient les tensions sectaires faisant rage dans la région ».
La Turquie, qui insiste pour être associée à l’offensive, s’est elle aussi inquiétée de voir ces milices avancer vers Mossoul, ville majoritairement sunnite.
Minoritaires dans un Irak à majorité chiite, les sunnites craignent l’entrée dans la ville des puissantes milices du Hachd al-Chaabi, soutenues par l’Iran, et accusées d’exactions contre les civils sunnites dans le passé.
La reconquête de Mossoul, lancée dans la nuit de dimanche à lundi par les autorités irakiennes appuyées par une coalition internationale antijihadistes dirigée par les Etats-Unis, fait craindre un désastre humanitaire pour les quelque 1,5 million d’habitants qui vivent encore dans la deuxième ville d’Irak.

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17 octobre 2016 - 22h00