Espagne: la défense de la soeur du roi s'en prend à ses accusateurs

Les défenseurs de la soeur du roi d’Espagne, Cristina, jugée pour fraude fiscale, ont plaidé sa totale innocence mardi en réclamant même une sanction à l’encontre de la sulfureuse association anticorruption qui a conduit la princesse au banc des accusés. L’infante est jugée depuis janvier à Palma de Majorque, dans les îles Baléares, aux côtés de son mari Iñaki Urdangarin, accusé vedette d’un vaste procès pour détournements de fonds publics.La princesse comparaît comme complice présumée de fraude fiscale, sur plainte du seul collectif Manos limpias (Mains propres), qui demande huit ans de prison à son encontre. Ni le procureur ni l’administration des Finances n’ont requéri de poursuites contre elle.

Alors que le procès touche à sa fin, Cristina était présente mardi à l’audience, quand son avocat, Pau Molins, a demandé sa relaxe. Me Molins a déploré ce qu’il a appelé “le maintien obsessionnel des accusations contre l’infante” en assurant que “les preuves apportées au procès avaient complètement discrédité la version factice contenue dans le document d’accusation”. Il a demandé que Manos limpias soit condamnée à payer les frais occasionnés par le procès et également sanctionnée, a-t-il dit, pour “sa gravissime témérité, son abus du droit et sa mauvaise foi procédurale”. L’avocat a par ailleurs fait valoir que la princesse avait remboursé fin 2014 plus de 587.000 euros qui lui étaient réclamés comme bénéficiaire des délits attribués à son mari.

Manos limpias est d’autant plus contestée dans son rôle d’accusateur que le procès a été marqué par un coup de théâtre: le dirigeant de l’association, ancien politique d’extrême droite, a été accusé d’avoir proposé aux avocat de Cristina de retirer la plainte contre plusieurs millions d’euros. Il a été écroué en avril, soupçonné d’avoir organisé pendant des années un vaste réseau d’extorsion de fonds.

L’ancien médaillé olympique Iñaki Urdangarin, époux de Cristina depuis 1997, est accusé d’avoir détourné, avec un associé, quelque six millions d’euros de subventions attribuées à la fondation Noos entre 2004 et 2007. Cristina, qui détenait la moitié d’une société-écran dont son mari se serait servi pour détourner une partie des fonds, a toujours plaidé qu’elle ignorait tout de l’affaire et faisait confiance à son époux.

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14 juin 2016 - 15h25