Espagne: Iglesias largement reconduit à la tête du parti Podemos

Le chef du parti espagnol de gauche radicale Podemos, Pablo Iglesias, a été largement reconduit dimanche dans ses fonctions lors d’un vote des militants, a annoncé le secrétaire d’organisation du parti Pablo Echenique. Pablo Iglesias a été réélu secrétaire général avec plus de 89% des suffrages, a précisé Pablo Echenique devant des milliers de militants rassemblés dans un Palais des congrès à Madrid.

Le programme de Pablo Iglesias, favorable à la poursuite de l’agitation sociale et pour une centralisation de Podemos, a également été choisi par 56% des militants, contre 34% pour celui de son numéro deux Inigo Errejon, a précisé Pablo Echenique

« Unité et humilité jusqu’à la victoire », a crié Iglesias en remerciant ses militants, après avoir donné une longue accolade à son adversaire Inigo Errejon, numéro deux du parti.

Frère du grec Syriza, Podemos est issu du mouvement des indignés contre l’austérité et la corruption. Né en janvier 2014, il a connu jusqu’en 2016 une ascension fulgurante dans un pays traversé par une crise économique sans précédent.

C’est désormais la troisième force politique en Espagne. Unidos Podemos, sa coalition avec l’écolo-communiste Izquierda Unida, dispose de 71 élus au Congrès des députés sur 350 et dirige, dans le cadre de plateformes citoyennes, des villes comme Madrid ou Cadiz. Mais la guerre fratricide en son sein l’a fragilisé.

Elle a été tranchée dimanche par les 155.000 militants qui ont participé au vote. Ils ont aussi donné la majorité à la liste de Pablo Iglesias pour la direction du parti (le « conseil citoyen »).

Pablo Iglesias, 38 ans, et Inigo Errejon, 33 ans, tous deux professeurs de sciences politiques défendaient deux visions très différentes de Podemos.

Le premier, qui a oeuvré en faveur de l’alliance avec les écolo-communistes, a présenté un programme privilégiant le « combat dans la rue », l’alliance avec les organisations sociales qui ont réussi à rassembler des millions d’Espagnols dans les rues d’Espagne, des « marées citoyennes » pour réclamer plus de droits.

Le deuxième, qui a longtemps écrit ses discours et dirigé les campagnes, veut polir l’image du parti pour « faire moins peur » et attirer les électeurs socialistes: une option plus « transversale », selon lui.

Ses partisans et ceux d’un troisième courant « anticapitaliste », veulent aussi une plus grande décentralisation du pouvoir, trop concentré selon eux dans les mains de Pablo Iglesias, accusé d’avoir orchestré avec son entourage des « purges » d’opposants.

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12 février 2017 - 13h40