En 2015, entre 120 et 139 Espagnols sont partis faire le djihad

L’Espagne comptait, en novembre 2015, entre 120 et 139 « foreign fighters » (FF), soit des terroristes partis combattre à l’étranger, selon un rapport du Centre international du contre-terrorisme de La Haye (ICCT), datant de 2016. Un nombre relativement faible par rapport à la Belgique (entre 420 et 516 foreign fighters), le Royaume-Uni (entre 700 et 760) ou encore la France (plus de 900). Dans son rapport sur le phénomène dans l’Union européenne, l’ICCT précise que 25 FF espagnols étaient rentrés au pays en 2015. Environ 10% des FF espagnols sont des femmes. La majorité est âgée entre 25 et 35 ans. La plupart dispose de la citoyenneté espagnole ou marocaine. Les FF viennent majoritairement de l’enclave espagnole de Ceuta, située en Afrique du Nord et frontalière du Maroc, mais aussi de Gérone (Catalogne) ou de Malaga (Andalousie).

Pour Michaël Dantinne, chargé de cours en criminologie à l’Université de Liège et expert en terrorisme, le nombre de FF en Espagne est « relativement dérisoire » par rapport à d’autres pays européens, comme la Belgique. Il faut également appréhender ces chiffres avec précaution puisqu’ils ne sont pas forcément « un indicateur fiable d’une possible radicalisation » dans le pays.

La Catalogne a été la cible, jeudi à Barcelone et dans la nuit de jeudi à vendredi à Cambrils, de deux attaques terroristes qui ont tué treize personnes, dont une Belge. En 2004, l’Espagne avait été touchée par les attaques terroristes les plus meurtrières d’Europe, quand plusieurs bombes avaient explosé dans des trains de la banlieue de Madrid, causant la mort de 191 personnes. L’attentat avait été revendiqué par Al-Qaïda.

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18 août 2017 - 09h40