Elections législatives néerlandaises 2017 – Rutte et Pechtold saluent un "rejet" du populisme

Les résultats des votes continuent d’arriver au compte-goutte, dans la nuit de mercredi à jeudi, dans le cadre des élections législatives néerlandaises. La plupart des têtes de liste des principaux partis, hors PVV, ont souligné dans leurs premières réactions ce qu’ils interprètent comme un « non » des électeurs néerlandais au discours populiste du bouillant Geert Wilders. Certains bureaux de vote ont dû fonctionner plus longtemps que prévu, car la mobilisation élevée de la population autour du vote a créé dans certaines agglomérations des files aux entrées, qui n’étaient pas encore résorbées à 21h00, heure prévue de clotûre. Plusieurs bureaux de vote avaient ainsi annoncé rester actifs au-delà de cette heure-là, pour enregistrer les voix des électeurs se trouvant encore en attente dans les files aux entrées à 21h00, sans autoriser toutefois l’arrivée de nouveaux votants.
Peu après la publication du sondage Ipsos de sortie des urnes, le président du parti PvdA (Parti travailliste), Hans Spekman, a réagi avec une certaine résignation au recul historique que les chiffres du sondage prévoient pour sa formation (9 sièges, contre 38 à l’issue des élections de 2012). « Nous allons devoir en discuter entre nous », a-t-il indiqué dans une première réaction, soulignant toutefois que la social-démocratie « se relèvera toujours ». La tête de liste du PvdA, Lodewijk Asscher, a quant à lui évoqué un jour « amer » et des « résultats dramatiques ». Le PvdA, en coalition avec les libéraux du VVD, était au pouvoir lors de la précédente législature, et Asscher estime avoir fait du bon travail dans ce cadre. « Mais nous n’avons pas réussi à convaincre à nouveau les électeurs », regrette-t-il, tout en se disant toujours confiant dans les idéaux du parti: « Nos idéaux valent la peine de se battre, et de nouvelles campagnes et élections suivront ». « La social-démocratie reviendra, et la construction débute aujourd’hui », conclut-il. Le terme de « reconstruction » a également été employé par l’actuel ministre des Finances PvdA, Jeroen Dijsselbloem, s’exprimant face aux soutiens du parti.
Du côté du CDA (l’Appel démocrate-chrétien), crédité de 19 sièges, à égalité avec D66 et le PVV dans le sondage de sortie des urnes, la tête de liste Sybrand Buma s’est félicité des résultats attendus, indiquant que le parti fait partie des « grands vainqueurs »: « personne ne pouvait rêver d’un aussi beau résultats ».
Le VVD, le parti libéral du Premier ministre Mark Rutte annoncé comme principal vainqueur de ces élections (31 sièges sur 150 selon le sondage de sortie des urnes et annoncé à 32 sièges vers 1h15 sur base du comptage de 159 communes sur 388), a de son côté souligné ce qu’il voit comme un rejet par la population du « mauvais populisme » du PVV. S’adressant à sa base mercredi soir à La Haye, Mark Rutte a estimé que « les Pays-Bas ont dit ‘halte’ au mauvais populisme, après le Brexit et les élections américaines ».
Le leader du parti social-libéral D66, Alexander Pechtold, a tenu des propos similaires. « Après Trump et le Brexit, tous les regards étaient tournés vers l’Europe, où trois pays (les Pays-Bas, la France et l’Allemagne, NDLR) peuvent donner le signal que ce continent suit les populistes ou non. Et il apparait que ce n’est pas le cas, ici aux Pays-Bas », a-t-il lancé.
Jesse Klaver, de GroenLinks, qui fait une belle percée par rapport aux élections précédentes, a lui aussi souligné que « le populisme n’a pas percé ».

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16 mars 2017 - 02h10