Deux Russes sermonnés pour avoir voulu vendre de fausses informations secrètes à la CIA

Les services secrets russes ont annoncé mardi avoir déjoué le plan de deux jeunes hommes en Sibérie qui cherchaient à vendre à la CIA de prétendus secrets militaires en réalité inventés de toutes pièces. Les deux Russes, originaires de Borzia, une ville de 30.000 habitants en Sibérie orientale, ont offert à l’agence américaine de “prétendues informations secrètes à propos de trains partant pour l’Ukraine et de missiles pointés sur les Etats-Unis”, a déclaré un porte-parole du FSB à l’agence de presse Ria Novosti.
S’ils n’ont jamais reçu d’argent de la part de la CIA, celle-ci a néanmoins montré un intérêt pour ces informations inventées de toutes pièces et envoyé aux deux jeunes hommes un message leur demandant des précisions, selon le FSB.
“Ils ont reçu un simple avertissement puisque cette affaire n’est pas criminelle. Bien entendu, ils ne connaissaient aucun secret et ont tout inventé”, a précisé le porte-parole.
L’un des deux hommes, Dmitri, 20 ans, a affirmé au journal populaire Komsomolskaïa Pravda qu’il avait envoyé un message sur le site internet de la CIA pour lui offrir de lui vendre des informations sur “tous les lieux de rencontre secrets et les mots de passe (de l’armée russe) en échange d’une grosse somme”.
Cet informaticien n’a toutefois pas lui-même servi dans l’armée et a donc demandé à un ami chômeur de 23 ans qui avait fait son service militaire de l’aider, selon le journal.
Une porte-parole locale du FSB, Tatiana Kouznetsova, a dit à Komsomolskaïa Pravda que “les jeunes hommes avaient été interrogés” mais qu’ils “ne possédaient aucune information fiable sur l’armée russe”.
La clémence des services de sécurité russes pour ces deux hommes dénote avec la sévérité dont ils ont fait preuve dans l’affaire de l’arrestation l’année dernière d’une mère, Svetlana Davydova, accusée d’avoir donné à l’ambassade ukrainienne des informations sur des mouvements de troupes dans sa ville à l’ouest de Moscou.
Emprisonnée dans la prison moscovite de Lefortovo et accusée de haute trahison, elle a finalement été relâchée.
Les révélations sur des affaires d’espionnage se multiplient en Russie depuis le début de la crise ukrainienne. Elles interviennent à un moment où les relations entre Moscou et les Occidentaux sont au plus bas depuis la fin de la Guerre froide.

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21 septembre 2016 - 08h05