Des internautes taïwanais lancent le concours "Dis pardon à la Chine"

Des internautes taïwanais ont lancé sur les réseaux sociaux une compétition ironique baptisée « Dis pardon à la Chine » après l’annulation par une réalisatrice chinoise de la participation d’un acteur taïwanais à son film, pour son soutien supposé à l’indépendance de l’île. Ce concours a attiré 24.000 fans et 6.000 commentaires depuis son lancement, samedi, d’après les organisateurs. Les internautes y présentent leurs excuses pour des choses aussi diverses que qualifier Taïwan de pays, manger japonais ou utiliser un iPhone. « Je suggère que chacun demande pardon à la toute puissante Chine avant le repas du soir. Nous devrions tous remercier les Chinois de nous donner à manger et de nous permettre de connaître la grandeur de la Chine », dit l’un de ces messages.

L’acteur et réalisateur taïwanais renvoyé, Leon Dai, est un sympathisant connu du mouvement des Tournesols de 2014, qui avait protesté contre un pacte commercial avec Pékin. La réalisatrice chinoise Zhao Wei, qui devait l’embaucher pour un rôle dans son film « Aucun autre amour » a déclaré sur le réseau social chinois Weibo que Leon Dai n’avait pas éclairci ses positions politiques. Elle s’est excusée d’avoir voulu utiliser la « mauvaise personne ». « Nous sommes tous chinois et soutenons fermement l’objectif d’unification de la mère patrie (…) Nous ne pouvons tolérer la fausseté et l’ambiguïté, en particulier en ce qui concerne les intérêts nationaux », a-t-elle dit.

Dans un communiqué, Leon Dai s’est dit « profondément désolé » que son comportement passé ait pu provoquer la controverse, ajoutant qu’il n’était pas partisan de l’indépendance. Le militant taïwanais Wang Yi-kai qui a lancé la compétition sur les réseaux sociaux a expliqué vouloir « se moquer de la répression » exercée par Pékin à l’encontre du monde du spectacle. « Je suis désolé qu’il y ait tant de gens en Chine atteints du cerveau. Mais la plupart des gens ne sont pas comme ça et nous soutenons Chou Tzu-yu ».

Chou Tzu-yu, chanteuse taïwanaise de K-pop (pop coréenne) de 16 ans, avait dû présenter ses excuses pour avoir agité le drapeau taïwanais sur internet. La vidéo de ses excuses avait scandalisé de nombreux Taïwanais. Les relations entre les deux rives du détroit de Formose se sont considérablement rafraîchies depuis l’arrivée au pouvoir de la présidente Tsai Ing-wen et de son Parti démocratique progressiste (PDP) à Taïwan, mouvement aux positions traditionnellement indépendantistes.

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19 juillet 2016 - 07h45