Crise des migrants – La Bulgarie annule un décret d'intégration des réfugiés

Le gouvernement bulgare a annulé vendredi un décret prévoyant notamment une prise en charge financière des réfugiés par l’Etat, en pleines tractations pour la formation d’un nouveau gouvernement qui devrait comprendre les partis nationalistes hostiles aux migrants. Ce financement public prévoyait notamment la prise en charge des dépenses de santé des réfugiés et il a fait l’objet de vives critiques tant de la part des nationalistes que des socialistes lors de la campagne pour les élections législatives du 26 mars.
Or la coalition nationaliste « Patriotes unis », troisième parti du parlement avec 27 élus à l’issue des élections, aura un rôle incontournable dans la formation du futur gouvernement et fait monter les enchères en vue d’une alliance.
Le conservateur Boïko Borissov, dont le parti Gerb a remporté le scrutin avec 95 élus sur un total de 240, doit trouver des alliés et a commencé vendredi des discussions avec cette coalition au discours xénophobe.
« Un nouveau mécanisme sera élaboré d’ici sept jours » pour remplacer le texte suspendu, a déclaré le ministre intérimaire de l’Intérieur Plamen Ouzounov et le nouveau décret devra fixer aux migrants « des conditions d’intégration sociale et culturelle ».
Alignée sur la politique migratoire européenne, la Bulgarie se distingue du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie) dont les gouvernements refusent les quotas obligatoires de répartition des réfugiés entre les pays de l’UE et ont accusé mardi Bruxelles de « chantage » et de « diktat ».
La Bulgarie accepte le principe d’accueillir 1.300 migrants arrivés en Grèce ou en Italie, mais seuls 29 réfugiés ont été transférés depuis la Grèce à ce jour, selon les données de la Commission européenne.
Leur installation se fait par ailleurs dans un climat politique de méfiance vis-à-vis des réfugiés. Ces derniers mois, deux familles syriennes dotées du statut de réfugié ont rencontré une vive opposition, sur fond de campagne électorale, dans les localités où elles étaient installées et ont été obligées de les quitter. Par ailleurs, des parents d’élèves ont récemment chassé deux mineurs Afghans non accompagnés inscrits à l’école de Chiroka Laka, dans le sud du pays.

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31 mars 2017 - 22h05