Conflits à la Sûreté de l'Etat sur fond de Kazakhgate

Plaintes anonymes, dissensions, intimidations, neutralisations d’enquêteurs, informations gardées sous le coude, restructuration: la Sûreté fait face ces derniers mois à un remue-ménage sur fond de Kazakhgate qui a amené le comité R à mener l’enquête. Hormis l’existence d’un conflit interpersonnel entre deux membres de la Sûreté, le Comité n’a cependant pas trouvé d’éléments concrets permettant de mettre au jour un dysfonctionnement. Le comité R n’a ainsi pas trouvé d’éléments à charge du Mouvement réformateur, de représentants du MR ou du ministre des Affaires étrangères Didier Reynders, épinglés dans une lettre anonyme arrivée entre les mains de la commission d’enquête parlementaire Kazakhgate. Cette lettre faisait notamment état de l’existence d’un “système mafieux” autour de la personne de Didier Reynders.

A l’initiative de la commission d’enquête, le comité R n’a pas trouvé d’erreurs de procédure ou de traitement dans le suivi par les instances des conflits qui minent la Sûreté, hormis çà et là l’absence de procès-verbal à l’issue des réunions. Il n’y a pas non plus de preuve des allégations énoncées.

Des membres de la Sûreté ayant requis l’anonymat se sont plaints de la nouvelle structure au sein du renseignement délaissant le contre-espionnage russe, de l’influence politique d’un ancien assistant parlementaire MR et de pressions exercées par un directeur également étiqueté MR. Un des enquêteurs aurait été écarté du dossier des trois Kazakhs Patokh Chodiev, Alijan Ibragimov et Alexander Mashkevich, au cœur des travaux de la commission d’enquête. Il est aussi question de notes de synthèse sur le Kazakhgate qui n’auraient pas reçu les suites estimées utiles.

LeVif.be et Médor ont également enquêté sur le sujet. Médor a notamment contacté des sources internes à la Sûreté qui dénoncent la mise sous le couvercle de l’enquête relative au trio kazakhe. Citée par les deux médias, la Sûreté de l’État parle d'”accusations sans fondements”, renvoyant pour le surplus au rapport du comité R. Elle admet que le plan d’action validé en 2015 par le conseil national de sécurité a “réduit le nombre de priorités pour se concentrer sur le contre-terrorisme, le contre-espionnage et la cybsersécurité”. Cette réforme “a permis à tout le monde de postuler à de nouveaux défis”, conclut-elle.

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29 mars 2017 - 13h00