Conflit en Syrie – L'ONU n'identifie pas les responsables de l'attaque d'un convoi humanitaire

Un convoi d’aide humanitaire bombardé en septembre près de la ville syrienne d’Alep a subi une attaque aérienne, a conclu mercredi une enquête de l’ONU, sans être toutefois en mesure d’en désigner les responsables. Au moins dix personnes ont été tuées et 22 blessées lors de l’attaque le 19 septembre de ce convoi transportant de l’aide de l’ONU et du Croissant-Rouge syrien à Orum al-Koubra, dans l’ouest de la province d’Alep. Ce raid meurtrier avait de facto signé la fin de la trêve en Syrie.
Le convoi a fait « l’objet d’une attaque aérienne, employant plusieurs types de munitions envoyées depuis plus d’un appareil et (plus d’un) type d’appareil », selon le rapport de la commission d’enquête.
Des missiles, roquettes et des petites bombes peuvent avoir été utilisées pendant ces bombardements, qui ont duré 30 minutes, précise-t-elle. S’il est établi que les faits ont « été causés par une attaque aérienne, il n’a pas été possible d’identifier celui ou ceux qui les ont perpétrés », poursuit le rapport.
Les enquêteurs de l’ONU rejettent ainsi l’hypothèse, avancée notamment par Moscou à l’époque, d’une attaque menée au sol dans cette zone tenue alors par des rebelles syriens.
La Syrie, la Russie ainsi que la coalition internationale menée par les Etats-Unis « disposaient chacun des capacités nécessaires pour mener une telle attaque », note le rapport d’enquête, avant toutefois de souligner que l’implication d’avions de la coalition américaine était « très improbable ».
La commission d’enquête précise avoir reçu des rapports affirmant que des hélicoptères et trois avions syriens avaient « très probablement » mené l’attaque, un avion russe étant également soupçonné d’y avoir participé.
« La commission n’a cependant pas eu accès aux données brutes soutenant ces affirmations et, en leur absence, a donc été dans l’incapacité d’en tirer une conclusion définitive », a-t-elle ajouté.
Moscou et Washington ont démenti toute implication.
Menée par un général indien à la retraite, Abhijit Guha, la commission d’enquête n’a pas été autorisée à se rendre sur les lieux de l’attaque, mais a pu se rendre en Syrie en décembre.
Des photos du convoi publiées sur Twitter par le Croissant-Rouge syrien avant l’attaque montraient que de grands drapeaux bleus de l’Unicef étaient fixés sur certains des camions.

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22 décembre 2016 - 03h00