Colombie: les négociations avec l'ELN débuteront le 7 février en Equateur

Le gouvernement colombien et l’ELN, dernière guérilla active du pays, entameront le 7 février en Equateur les pourparlers officiels dans le but de parvenir à « une paix complète » après le pacte avec les Farc. « Nous avons convenu d’installer la table publique de début de la phase formelle des dialogues pour la paix en Colombie le 7 février à Quito », ont annoncé les deux délégations dans un communiqué lu par Juan Meriguet, représentant du gouvernement d’Equateur, pays hôte et garant du processus. « Le 2 février, l’ELN libèrera Odin Sanchez Montes de Oca (ex-député retenu en otage depuis avril). Ce même jour, deux membres de l’ELN seront graciés », a-t-il ajouté, en référence aux conditions posées par les parties en préalable aux pourparlers.
Un peu plus tôt mercredi, le président colombien Juan Manuel Santos avait annoncé qu’un « accord » avait été obtenu avec l’Armée de libération nationale (ELN) pour l’ouverture de ces négociations. Le récent prix Nobel de la Paix avait annoncé cette « bonne nouvelle » lors d’un conférence de presse à Davos, où il participe au Forum économique mondial.
Les deux délégations discutaient depuis vendredi à huis clos dans un lieu tenu secret des environs d’Ibarra, dans le nord de l’Equateur. Des conversations sont en fait menées en secret depuis janvier 2014 pour tenter de fixer un cadre à un dialogue de paix avec l’ELN, guérilla issue comme les Farc d’une insurrection paysanne en 1964 et qui compte encore environ 1.500 combattants. L’ouverture des pourparlers était d’abord prévue le 27 octobre dernier, mais elle avait été suspendue au dernier moment, l’ELN n’ayant pas libéré Odin Sanchez et le gouvernement n’ayant pas gracié des guérilleros emprisonnés.
« L’accord auquel nous sommes parvenus (…) nous permet d’initier l’agenda en six points qui a pour but de surmonter le conflit armé et de créer les conditions des transformations nécessaires à la dignité de la société et de la nation colombienne », a estimé le chef de la délégation de l’ELN, le commandant guérillero Pablo Beltran, dans un texte diffusé sur Twitter.
La Colombie est déchirée depuis les années 1960 par une confrontation armée qui, au fil des décennies, a impliqué une trentaine de guérillas, des paramilitaires d’extrême droite et les forces de l’ordre, faisant au moins 260.000 morts, plus de 60.000 disparus et quelque 6,9 millions de déplacés.
Parallèlement à Bogota, le Haut commissaire pour la paix, Sergio Jaramillo, a annoncé que les Farc s’étaient engagées à regrouper tous leurs guérilleros d’ici le 31 janvier dans les 26 zones de désarmement. Selon l’accord de paix, ce regroupement aurait dû être terminé au 31 décembre, mais a été retardé par des problèmes logistiques. M. Jaramillo a ajouté que les Farc s’étaient engagées à laisser partir les mineurs âgés de moins de 15 ans encore présents dans leurs rangs, soit près de 23 selon des déclarations à W Radio du chef de la guérilla, Rodrigo Londoño, plus connu sous son nom de guerre « Timochenko ».

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19 janvier 2017 - 00h45