Colombie: gouvernement et la guérilla ELN discutent à Quito d'un cessez-le-feu

Le gouvernement colombien et l’ELN ont annoncé vendredi avoir commencé à discuter d’un cessez-le-feu bilatéral, la dernière guérilla active du pays se montrant disposée à mettre fin aux enlèvements. « Nous avons commencé la discussion d’un cessez-le-feu qui comprendra, outre l’arrêt des opérations offensives entre les parties, une aide humanitaire pour la population », a déclaré le chef des négociations pour l’Armée de libération nationale (ELN), Pablo Beltran, à l’issue vendredi du deuxième cycle de discussions à Quito.
Depuis le début de ce dialogue de paix en février, destiné à obtenir une « paix complète » après l’accord noué avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), l’ELN a plaidé pour la fin des hostilités.
Mais le président colombien Juan Manuel Santos a posé comme condition la fin de certaines pratiques de la guérilla comme les enlèvements, les attaques contre des infrastructures et les extorsions.
Des discussions vont être ouvertes pour « étudier si les conditions existent pour avancer vers un cessez-le-feu bilatéral accompagné de la fin des hostilités », a indiqué la délégation du gouvernement.
Interrogé par radio Caracol en Colombie sur le fait que l’accord incluerait la fin des enlèvements et des attaques contre les infrastructures, le chef négociateur de l’ELN a répondu: « C’est correct ».
« Pour accompagner ce cessez-le-feu, nous allons mettre en place une mesure d’apaisement humanitaire, c’est-à-dire réduire l’impact du conflit sur la population civile », a-t-il indiqué.
« Notre objectif est que ce cessez-le-feu soit opérationnel quelques jours avant l’arrivée de sa Sainteté (le pape François) en Colombie », où il effectuera une visite début septembre, a également déclaré M. Beltran à la ministre des Affaires étrangères d’Equateur, Maria Fernanda Espinosa, qu’il a rencontrée vendredi.
Inspirée de la révolution cubaine et née comme les Farc d’une rébellion paysanne en 1964, l’ELN compte encore quelque 1.500 combattants. Un troisième cycle de négociations avec le gouvernement démarrera à Quito le 24 juillet prochain.
En plus d’un demi-siècle, le complexe conflit armé colombien a impliqué une trentaine de guérillas, des milices paramilitaires d’extrême droite, officiellement démobilisées depuis 2006, et les forces de l’ordre, faisant au moins 260.000 morts, plus de 60.000 disparus et 7,1 millions de déplacés.

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30 juin 2017 - 21h35