Colombie : fin de l'incursion de militaires vénézuéliens

Le président colombien Juan Manuel Santos a annoncé jeudi le retrait des militaires vénézuéliens qui ont fait cette semaine une incursion dans son pays, après avoir protesté contre cette action « totalement inacceptable » auprès de son homologue vénézuélien Nicolas Maduro. « Le dernier soldat vénézuélien a fini de quitter le territoire colombien », a écrit sur son compte Twitter M. Santos.
L’affaire a été déclenchée par l’installation mardi d’un campement militaire vénézuélien dans le département colombien d’Arauca (est), proche de la frontière.
« Je viens de parler avec le président Maduro auquel j’ai déclaré que, pour la Colombie, la situation qui s’est produite est totalement inacceptable », avait auparavant dit le chef de l’Etat colombien, s’exprimant depuis le palais présidentiel à Bogota. Il avait en même temps annoncé l’envoi de « personnel militaire » pour garantir la souveraineté de son pays.
M. Maduro « m’a assuré avoir ordonné le retrait des troupes du territoire colombien et nous avons décidé de maintenir le dialogue et les voies diplomatiques jusqu’à ce que la situation revienne à la normale », avait également fait savoir M. Santos.
« J’ai donné pour instructions aux forces militaires qu’elles restent dans la zone et continuent à exercer leur pleine souveraineté sur le territoire », avait-il ajouté.
Les ministres des Affaires étrangères des deux pays s’étaient déjà parlé à ce sujet mercredi pour tenter de clarifier la situation.
Un propriétaire terrien colombien, Edgar Camacho, avait dénoncé l’installation sur son terrain d’environ « 60 à 100 » militaires vénézuéliens, les accusant d’avoir endommagé ses cultures.
« Ils sont arrivés ici et ont donné des coups de machette aux bananiers pour faire leur campement et monter des tentes », avait déclaré l’agriculteur à Blu Radio, affirmant que les militaires avaient « hissé un drapeau vénézuélien », lui assurant que, selon leurs coordonnées GPS, l’endroit se trouvait « en territoire vénézuélien ».
La Colombie et le Venezuela partagent une frontière poreuse de 2.200 kilomètres. En 2015 et 2016, la tension était montée après la décision du président Maduro de fermer cette frontière pour lutter contre la contrebande et le trafic de drogue.

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24 mars 2017 - 01h35