Climat: Washington restera dans l'accord de Paris, selon le chef de l'ONU Environnement

Le chef des Nations unies pour l’environnement, Erik Solheim, s’est dit confiant, lundi, dans le fait que les Etats-Unis ne se retireront pas de l’accord de Paris sur le climat et espère une décision de Washington en mai. Quand bien même Donald Trump mettrait à exécution ses menaces de sortie de l’accord de Paris, la Chine et l’Union européenne prendront les rênes du mouvement pour mettre en application les objectifs de réduction des gaz à effet de serre, a expliqué le directeur du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), dans un entretien à l’AFP.
« Je suis confiant (…) Je pense que nous allons voir les Etats-Unis avec nous », a-t-il estimé, après plusieurs rencontres la semaine dernière au département d’Etat, à la Banque mondiale et au FMI, à Washington.
L’officialisation de la décision, assure le diplomate, doit survenir avant la réunion du G7 en Italie, fin mai. Malgré l’incertitude sur le virage que va prendre le gouvernement fédéral sur la question de l’environnement, les entreprises américaines ont déjà amorcé leur conversion à l’économie verte, en investissant massivement dans le solaire et les énergies propres, s’est félicité M. Solheim.
« Quoi qu’il se passe avec la politique américaine, les Etats-Unis seront en mesure de remplir les engagements de Paris ne serait-ce que grâce à l’émergence du secteur privé », pense-t-il.
L’accord-climat a été ratifié l’an dernier par 175 pays, dont les deux plus gros pollueurs de la planète que sont la Chine et les Etats-Unis, avant de rentrer en application en novembre, quelques jours avant l’accession de Donald Trump au pouvoir. Le président américain n’a eu de cesse, depuis sa campagne électorale, de dénoncer un « mauvais » accord sur le climat, une rhétorique reprise par son administration.
Ses conseillers, toutefois, seraient divisés sur le fait de s’en retirer. « Nous avons besoin du leadership américain », reprend l’ancien ministre de l’environnement norvégien. « Mais s’il n’y a pas de leadership américain, la Chine va mener, l’Union européenne va mener » le combat, ajoute-t-il.
La France, « selon toute vraisemblance, va élire (Emmanuel) Macron comme président et il est assurément engagé pour le climat, ainsi que le sont les Allemands ».
Quant à la Chine, poursuit-il, elle est « prête à prendre le leadership mondial et elle en a la capacité ».
Le pacte de Paris engage la communauté internationale à agir pour contenir la hausse de la température globale « bien en-deçà de 2°C », voire 1,5°, par rapport au niveau préindustriel.

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25 avril 2017 - 00h35