Canada: les patrons de Bombardier finissent par reculer, après plusieurs jours de grogne

La direction de la société Bombardier, sous le feu des critiques depuis plusieurs jours en raison des hausses annoncées des rémunérations de six de ses hauts dirigeants pour l’année 2016, a finalement effectué une sorte de marche arrière dimanche soir devant le tollé provoqué au sein de la population québécoise. Le PDG Alain Bellemare a en effet demandé, selon un communiqué, au conseil d’administration de l’entreprise « de reporter à 2020 le versement de plus de la moitié de la rémunération totale prévue des membres de la haute direction visés de Bombardier pour 2016 ». « J’ai demandé au conseil d’administration de reporter à 2020 plus de 50% de la rémunération prévue pour 2016 » pour les six dirigeants au centre du scandale. « Cette rémunération ne sera versée que si nous atteignons nos objectifs de performance, créant de la valeur pour nos actionnaires, pour les Québécois et les Canadiens », précise-t-il.
Le président du conseil d’administration de la multinationale basée à Montréal au Québec, Pierre Beaudoin, avait déjà annoncé vendredi qu’il renonçait à la hausse de rémunération que le groupe lui accordait pour l’année 2016, pour revenir à son niveau de rémunération de 2015.
Dimanche, plusieurs centaines de personne s’étaient encore rassemblées devant le siège du groupe à Montréal pour manifester. Jean-Marc Fournier, ministre et leader parlementaire du gouvernement québécois, y avait fait une apparition, demandant aux dirigeants de Bombardier de « réfléchir à revoir leur décision ».
Les six plus hauts dirigeants devaient se partager une enveloppe de 40 millions de dollars canadiens (30 millions d’euros) au titre de l’exercice 2016, un bond de près de 50% sur un an, alors que l’entreprise procède à des licenciements massifs et bénéficie d’investissements et de prêts d’argent public pour certains modèles d’avions, de la part des autorités canadiennes et québécoises.

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03 avril 2017 - 06h30