Brésil: un juge clé de l'enquête Petrobras tué dans un accident d'avion

Un juge brésilien de la Cour suprême jouant un rôle central dans l’enquête sur le vaste scandale de corruption Petrobras est mort jeudi dans l’accident d’un avion privé, a annoncé son fils. Une source du Tribunal suprême fédéral (STF) avait confirmé peu auparavant que le haut magistrat, Teori Zavascki, “figurait sur la liste des passagers de l’appareil” qui s’est abimé en mer près de Paraty (sud-est) pour une raison indéterminée.
Selon les médias brésiliens citant les pompiers sur place, trois des quatre passagers sont décédés. Mais leurs identités n’ont pas été divulguées.
L’appareil d’une capacité de huit places avait décollé de la région de Sao Paulo en début d’après-midi à destination de la petite ville de Paraty, où le magistrat devait prendre quelques jours de repos.
Il s’est abimé en mer pour une raison inconnue, alors qu’une forte pluie s’abattait dans la région, selon des témoins cités par la presse locale.
Le juge Zavascki était en charge du volet politique du scandale de corruption Petrobras, qui ébranle toute la classe politique brésilienne et éclabousse les plus puissants groupes de construction du pays, qui s’étaient associés en cartel pour truquer les appels d’offres du géant étatique pétrolier Petrobras.
Ces derniers jours, il travaillait activement à l’homologation des accords de confessions contre remises de peine conclus entre les enquêteurs et 77 dirigeants et cadres supérieurs d’Odebrecht, le premier groupe de BTP du Brésil, qui se trouve au coeur de ce scandale de corruption politico-financier.
Les confessions détaillées de l’état-major de Petrobras, négociées dans le plus grand secret ces derniers mois, viseraient au moins 130 hommes politiques de tous bords. Parmi les politiciens visés figurent des personnalité de premier plan, dont le président Michel Temer.
Le juge Zavascki devait homologuer ces accords courant février, une perspective qui semait la panique dans les cercles du pouvoir à Brasilia.
Son décès porte un coup dur à la plus vaste enquête anti-corruption jamais menée au Brésil. Le STF va devoir lui désigner un successeur, qui aura besoin de semaines voire de mois pour prendre connaissance en profondeur de cette enquête tentaculaire.

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19 janvier 2017 - 22h55