Brexit – Le secteur de la pêche guère surpris par la décision de Londres de quitter l'accord de 64

La décision du gouvernement britannique de quitter la Convention de Londres sur la pêche de 1964 afin de retrouver le contrôle exclusif des droits de pêche à proximité de ses côtes, ne constitue pas une surprise pour la Rederscentrale (Centrale des armateurs de pêche) qui s’attendait tôt ou tard à une telle annonce après le vote en faveur du Brexit. Conclue en 1964, soit avant l’entrée en 1973 des Britanniques dans l’Union européenne, cette convention autorise la pêche dans une “zone comprise entre six et douze milles” au large des côtes de ses signataires, parmi lesquels la Belgique. Elle offre plus de latitude que le droit européen, qui fixe à 12 milles cette limite. En vertu de ce traité, les bateaux belges peuvent donc pêcher dans une partie des eaux territoriales britanniques.

En quittant cette convention, les pêcheurs britanniques perdront eux-mêmes le droit de travailler à proximité des côtes de cinq autres pays: la France, la Belgique, l’Allemagne, l’Irlande et les Pays-Bas. “Il est question de la moitié de notre chiffre d’affaires qui serait ainsi touché”, avertit Emiel Brouckaert, directeur de la Rederscentrale. “Nous nous rendons bien compte que la pêche n’est pas le thème le plus important dans les négociations sur le Brexit mais nous ferons entendre notre voix dans les jours et les semaines qui viennent”.

A l’annonce de la décision du gouvernement britannique, le ministre de l’Environnement, Michael Gove, a salué “une première étape historique vers la construction d’une nouvelle politique de la pêche nationale au moment où” le Royaume-Uni quitte “l’Union européenne”. “Cela signifie que pour la première fois en 50 ans, nous allons pouvoir décider qui peut avoir accès à nos eaux”, a-t-il ajouté.

Selon le gouvernement britannique, les pêcheurs français, belges, allemands, irlandais et néerlandais ont pêché en 2015 près de 10.000 tonnes de poissons dans la zone comprise entre six et 12 milles au large des côtes britanniques.

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02 juillet 2017 - 17h10