Brésil: la procédure de destitution contre Rousseff pourrait aboutir en septembre

La procédure de destitution contre la présidente suspendue du Brésil Dilma Rousseff pourrait aboutir en septembre, et non plus fin août, selon un calendrier publié par la Cour suprême samedi. Le vote pour décider si la dirigeante, suspendue provisoirement depuis le 12 mai pour maquillage présumé des comptes publics sera définitivement écartée du pouvoir ou non a déjà été repoussé. Il devait d’abord avoir lieu en plein pendant les Jeux Olympiques de Rio de Janeiro (5-21 août) mais a été reporté après leur clôture.
Or, d’après un communiqué du président de la Cour suprême Ricardo Lewandowski publié samedi, le vote final du Sénat sur son avenir à la tête du Brésil débutera le 29 août et durera une semaine.
La procédure en destitution a été ouverte en décembre 2015 et, après avoir été approuvée par la Chambre des députés et le Sénat, elle se trouve en phase d’instruction, recueil des preuves, présentation des témoins et autres sollicitations d’une commission spéciale du Sénat qui aide le président de la Cour suprême (STF).
Cette commission conclura ses travaux début août, quand elle présentera son rapport recommandant ou non la destitution, avant le vote en séance plénière. Un premier vote du rapport est prévu le 9 août : pour dépasser cette phase, il devra obtenir la majorité simple des voix des 81 sénateurs (au moins 41) en séance plénière.
S’il est approuvé, le vote final devrait débuter le 29 août et durer une semaine, selon le nouveau calendrier communiqué par M. Lewandowski. D’après lui, de nouveaux reports sont encore possibles.
Au moins 54 voix seront alors nécessaires pour écarter Mme Rousseff du pouvoir, sinon elle pourra reprendre ses fonctions.
Mme Rousseff se dit victime d’un “coup d’Etat parlementaire” ourdi par son vice-président Michel Temer qui la remplace par intérim. Si elle est définitivement écartée du pouvoir c’est lui qui la remplacera jusqu’à la fin de son mandat, en 2018. M. Temer fait lui-même l’objet d’accusations dans plusieurs dossiers de corruption.
M. Temer juge que le calendrier fluide du processus de destitution lui complique la tâche. “Nous espérons que le règlement de la destitution intervienne entre le 25 et le 26 août, parce que si c’est seulement le 4, 5 ou 6 septembre, le Brésil ne pourra pas aller au sommet du G20”, a-t-il déclaré vendredi dans un entretien avec des agences de presse internationales dont l’AFP. “Le monde a besoin de savoir qui est le président du Brésil”.

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31 juillet 2016 - 05h40