Bolivie: une Commission de la vérité enquêtera sur les dictatures

Le gouvernement bolivien a installé lundi une Commission de la vérité chargée d’enquêter sur les violations des droits de l’homme sous les dictatures qui ont régi le pays entre 1964 et 1982, le ministère de la Défense offrant d’ouvrir ses archives. La Commission est chargée d’enquêter sur les meurtres, disparitions forcées, tortures, détentions arbitraires et violences sexuelles survenus durant cette période, quand la Bolivie était gouvernée par plusieurs régimes militaires de droite. La Bolivie a alors connu « au moins 1.392 assassinats politiques, 486 disparitions et 2.868 envois en exil et emprisonnements », a affirmé le président Morales sur son compte Twitter.
Il a investi lundi les cinq membres de la Commission, les appelant à « se pencher sur l’histoire des dictatures mais aussi réfléchir aux générations futures ». Elle sera dirigée par un ex-leader syndicaliste, actuel directeur des archives de la Corporation minière de Bolivie (Comibol, publique), Edgar Ramirez.
Le ministre de la Défense, Reymi Ferreira, a indiqué que ses services ainsi que l’armée ouvriraient leurs archives. Les militaires boliviens, enjoints dès 2010 par la Cour suprême à ouvrir leurs dossiers, ont toujours nié posséder des documents secrets des dictatures. Le chef des armées, Luis Ariñez, a indiqué qu’il existe sans doute des documents de cette époque mais « si l’on pense que dans ces archives se trouve toute l’histoire, non (ce n’est pas le cas). Il est possible que toutes ces archives aient été détruites à ce moment-là ».

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22 août 2017 - 01h10