Aung San Suu Kyi dément un "nettoyage ethnique" des musulmans Rohingyas en Birmanie

La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi dément qu’un « nettoyage ethnique » est en cours contre la minorité ethnique Rohingya, de confession musulmane, dans l’état de Rakhine. L’ancienne dissidente récompensée par un prix Nobel de la paix estime que le terme est trop fort dans une interview accordée à la BBC jeudi . « Je ne pense pas qu’un nettoyage ethnique est en cours. Je pense que ‘nettoyage ethnique’ est une expression trop forte pour ce qui est en train de se passer », a affirmé Aung San Suu Kyi, responsable de la diplomatie birmane et chef de facto du gouvernement, à un correspondant spécial de la BBC dans une interview télévisée.
L’armée est accusée de viser la minorité musulmane Rohingya dans l’Etat de Rakhine à l’ouest du pays, bordant le golfe du Bengale. Le 10 octobre en particulier une offensive a ciblé cette ethnie, considérée comme apatride, après des raids meurtriers de groupes armés contre des postes-frontières. Une campagne de plusieurs mois de viols collectifs, meurtres et tortures, a abouti, selon le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme, à un « nettoyage ethnique » et « très probablement » à des crimes contre l’humanité.
« Je pense qu’il y a beaucoup d’hostilité là-bas – il y a des musulmans tuant des musulmans aussi, s’ils pensent qu’ils coopèrent avec les autorités », a poursuivi la dirigeante. « Ce n’est pas seulement une question de nettoyage ethnique comme vous le suggérez, il s’agit de gens de différents bords, et c’est cette division que nous essayons de refermer »
Il est estimé que plus de 70.000 Rohingyas ont fui vers le Bangladesh voisin, entre autres. « S’ils reviennent ils seront en sécurité. C’est à eux de décider, certains sont revenus », a ajouté Mme. San Suu Kyi.
La dirigeante a rejeté début mars la décision des Nations unies d’envoyer une mission d’enquête sur les récentes exactions contre la minorité Rohingyas imputées à l’armée, suscitant les critiques des observateurs internationaux envers la lauréate du prix Nobel de la paix.

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06 avril 2017 - 01h50