Allemagne: un premier scrutin test pour Merkel dans la Sarre

Six mois avant les législatives allemandes, les conservateurs d’Angela Merkel affrontent dimanche un premier scrutin test en Sarre (sud-ouest), où les sociaux-démocrates espèrent ravir la région à la CDU grâce à leur popularité retrouvée et au jeu des alliances. Quelque 800.000 électeurs de ce petit Etat régional frontalier de la France et du Grand-Duché sont appelés aux urnes pour renouveler leur Parlement régional. Les bureaux de vote, ouverts à 08h00 locale (même heure en Belgique), fermeront à 18h00 et les premières estimations sont attendues dans la foulée.
L’Union chrétienne-démocrate (CDU) de la chancelière, aux commandes depuis 18 ans de cette ancienne région minière et ouvrière, est en tête avec 35% à 37% des intentions de vote dans les derniers sondages. Mais le Parti social-démocrate (SPD), partenaire minoritaire du gouvernement de coalition d’Angela Merkel à Berlin, talonne désormais le camp conservateur: les instituts de sondage lui prédisent 32% à 34% des voix.
L’arrivée dans la course pour les élections législatives de septembre du nouveau président du SPD et ancien dirigeant du Parlement européen, Martin Schulz, a dopé le camp social-démocrate. En quelques semaines, il est parvenu à remobiliser son électorat en mettant clairement le cap à gauche sur les questions économiques et sociales, au point de menacer sérieusement la chancelière, en course pour un quatrième mandat en septembre.
L’élection en Sarre sera d’autant plus suivie qu’elle ouvre une “super année électorale” 2017. Le 7 mai, les électeurs du Schleswig-Holstein (nord) se rendront aux urnes, avant surtout ceux de Rhénanie du nord-Westphalie (ouest), fief social-démocrate et région la plus peuplée du pays, une semaine plus tard.
En Sarre, parfois surnommée “la Grèce de l’Allemagne” en raison de l’importance de son endettement, la CDU pourrait être éjectée du pouvoir même si elle arrive en tête dimanche soir. Car le SPD, partenaire minoritaire du gouvernement régional sortant, n’exclut pas cette fois-ci la formation d’une alliance avec la gauche radicale de Die Linke. Emmenée dans ce Land par son fondateur historique Oskar Lafontaine, Die Linke est créditée de 12% à 13% des intentions de vote.
La droite populiste Alternative pour l’Allemagne (AfD) pourrait également entrer à l’occasion de ces élections dans un nouveau parlement régional, le 11e sur les 16 que comptent l’Allemagne.

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26 mars 2017 - 07h15